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Allergies et traumatismes

La vulnérabilité aux maladies se joue dès l’enfance

Par Mégane Fleury

Les enfants souffrant d’allergies multiples ou de traumatismes ont plus de risque d’être atteints de maladies inflammatoires chroniques ou de troubles psychiatriques à l’âge adulte. 

Alina Demidenko/istock

Les maux de l’adulte se dessinent dès l’enfance. Un groupe de chercheurs suisses des universités de Zurich et de Lausanne publie une étude sur les liens entre certains traumatismes et allergies de l’enfance et la probabilité d’être atteint de troubles psychiatriques ou de maladies inflammatoires chroniques à l’âge adulte.

Cinq groupes de participants 

Les scientifiques ont utilisé un fichier rassemblant les données de près de 5 000 personnes nées dans les années 1950. Ils ont analysé l’incidence de certaines pathologies pendant l’enfance, comme les allergies, les maladies bactériennes et virales ainsi que celle du stress psychosocial. Les données leur ont permis de classer l’échantillon de population en cinq groupes, définis selon des critères associés aux biomarqueurs (quantité de globules blancs ou biomarqueurs de l’inflammation). 

Une majorité de personnes résistantes

Les chercheurs ont créé un groupe d’individus caractérisés par leur système immunitaire neutre. Ces personnes, qui représentent 60 % de l’échantillon, sont peu tombées malades pendant leur enfance. Un autre groupe a encore moins souffert de maladies : celui qui rassemble les individus au système immunitaire particulièrement résistant. Ils représentent 20 % de l’ensemble des participants. Alors que certains vaccins n’existaient pas encore, ils étaient particulièrement résistants face à des maladies contagieuses comme les oreillons ou la rougeole. 

Les trois autres groupes sont constitués de personnes qui ont souffert de certaines maladies pendant l’enfance. Le groupe atopique, par exemple, rassemble les individus atteints de multiples allergies durant cette période. Le groupe mixte, qui représente environ 9% de l’échantillon, est caractérisé par la présence d’une seule allergie ou d’une maladie de l’enfance comme la rubéole. Le dernier groupe est le plus petit : il rassemble 5% de l’ensemble des participants, avec comme point commun, l’existence de traumatismes de l’enfance. 

Les femmes, seules concernées par les maladies chroniques inflammatoires

A l’âge adulte, les groupes atopique et mixte avaient plus de risque de souffrir de trouble psychiatriques et physiques. Pour le groupe des enfants traumatisés, les risques de maladies psychiatriques étaient plus élevés. Lorsqu’il s’agissait de femmes, les risques d’être atteinte d'une maladie inflammatoire chronique étaient également importants. Pour les chercheurs, ces résultats sont un début d'explication à certains phénomènes incompris jusqu'alors. "Ils nous aident à comprendre pourquoi beaucoup de personnes qui n'ont pas d'antécédents en matière de traumatisme psychosocial sont atteintes de troubles mentaux, et dans le même temps, pourquoi des personnes traumatisées montrent des prédispositions aux maladies inflammatoires chroniques", conclut le professeur Adjacic-Gross, l'un des principaux auteurs de la recherche.