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Prévention

Allergies et vaccins obligatoires : peut-on vacciner les enfants allergiques ?

La vaccination des enfants allergiques a été abordée par des spécialistes à l'occasion de la 13e édition du Congrès Francophone d’Allergologie (CFA) qui s'est ouverte mardi au Palais des Congrès de Paris. Voici les réponses aux questions que vous vous posez.

Allergies et vaccins obligatoires : peut-on vacciner les enfants allergiques ? KatarzynaBialasiewicz /iStock

  • Publié 18.04.2018 à 17h50
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La 13e édition du Congrès Francophone d’Allergologie (CFA) s'est ouverte mardi au Palais des Congrès de Paris. Jusqu'au 20 avril, la communauté allergologique abordera tous les aspects de la pathologie : allergies alimentaires, médicamenteuses, respiratoires, ORL ou ophtalmologiques, explorations, spécificités pédiatriques, éducation thérapeutique..., ainsi que toutes les formes de traitement au travers de différents formats de conférences. Après avoir abordé mardi le remboursement de la désensibilisation, les spécialistes évoquent ce jour la vaccination des enfants allergiques. 

Faut-il vacciner les enfants allergiques aux oeufs ?

Un élargissement de la couverture vaccinale a récemment été initié par la ministre de la Santé Agnès Buzyn : onze vaccins sont désormais obligatoires pour les enfants nés après le 1er janvier 2018. Parmi eux, les vaccins du type rougeole-oreillons-rubéole (ROR) et le vaccin anti-grippe qui contiennent tous deux de l'oeuf. Un aliment auquel beaucoup d'enfants sont allergiques. Quel est le risque ? Rassurez-vous, produits sur des fibroblastes embryonnaires de poulet, ils sont quasiment dénués de protéines aviaires et ne présentent donc aucun risque. 

Le problème de l’allergie aux protéines aviaires ne se pose plus que pour le vaccin contre la fièvre jaunenon obligatoire en France, mais recommandé, voire exigé pour se rendre dans certains pays (Angola, Brésil, Argentine, Burundi, Burkina Faso...). Produit à partir d'œufs embryonnés, il présente un risque allergique. Pour éviter tout danger, mieux vaut réaliser l’injection en plusieurs fois dans un service hospitalier. 

Quels sont les effets indésirables potentiels ?

Comme tout traitement, les vaccins peuvent provoquer des réactions allergiques. Toutefois, les réelles réactions anaphylactiques postvaccinales sont extrêmement rares. "Cela représente 1,3 cas sur un million de vaccins injectés", précise à 20 Minutes le Dr Laure Couderc, allergologue et pneumo-pédiatre au CHU de Rouen.

Mais si tel est le cas, comment se manifeste l'allergie ? "Entre deux minutes et jusqu’à deux heures après l’injection du vaccin, informe au quotidien Laure Couderc. On parle alors de réaction généralisée, dont les signes sont facilement identifiables : une réaction cutanée d’abord, avec urticaire et œdème, associée à une atteinte respiratoire ou cardiovasculaire". Le médecin (généraliste ou des urgences) fait alors une piqûre d’adrénaline.

Comme tout médicament, les vaccins peuvent également provoquer des effets secondaires indésirables qui laissent à penser qu'il s'agit d'une réaction allergique. Les plus fréquents sont une fièvre légère, une douleur ou une rougeur au point d’injection. Mais il s'agit uniquement d'une réaction inflammatoire sans gravité. 

Les Français et les vaccins

Comme le souligne Santé publique France, la vaccination est l'un des grands succès de la santé publique. "En France, l'arrêt de la transmission, voire l'élimination de certaines maladies infectieuses est possible si chacun recourt à la vaccination pour se protéger mais aussi pour protéger les autres, enfants et adultes plus fragiles du fait de leur âge ou de leur état de santé".

En 2016, 41% des Français se disaient méfiants des vaccins. Un sondage mené par le Vaccine Confidence Project – de la London School of Hygiene & Tropical Medicine (Royaume-Uni) et paru dans la revue en ligne Ebiomedicine, montrait en effet que la France, la Bosnie-Herzégovine et la Russie étaient très méfiants à l'égard de leur couverture vaccinale respective. Pourtant, l'arrivée des vaccins a permis de sauver des millions de vies. 

En 1980, avant que la vaccination ne se généralise, on recensait 600 000 cas de rougeole en France. 1527 cas de rougeole ont été recensés depuis le début de l'année 2018 et 1605 depuis le 6 novembre, dont la moitié en Nouvelle-Aquitaine, seule région en situation épidémique. Une différence de taille. La majorité des personnes contaminées n'étaient pas vaccinées. Presque 90% des enfants de moins de 1 an ne l'étaient pas, de même que plus de 70% des 5 à 9 ans et 80% des 10-14 ans. Plus de 70% des 15-19% n'étaient pas non plus vaccinés. Actuellement, seuls 79 % des bébés de 2 ans sont vaccinés. Or, avec un virus du niveau de contagiosité du "paramyxovirus" de la rougeole, il faudrait atteindre 95 % de couverture vaccinale pour empêcher le virus de circuler.

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