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QUESTION D'ACTU

Accoucher différemment

Les sénateurs posent la première pierre des maisons de naissance

Le Sénat a adopté hier l’expérimentation de maisons de naissance pour répondre à la demande des femmes souhaitant un accouchement moins médicalisé qu’à l’hôpital.

Les sénateurs posent la première pierre des maisons de naissance GUTIERREZ/CORDON PRESS/SIPA

  • Publié 14.06.2013 à 14h29
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L’accouchement aura été particulièrement difficile. Evoquées depuis le plan périnatalité de 1998, les maisons de naissance ont finalement obtenu hier le vote favorable des sénateurs. La proposition de loi de la sénatrice centriste Muguette Dini prévoit l’expérimentation pour 5 ans d’une dizaine de maisons de naissance contiguës à une maternité. Ces structures doivent permettre de répondre au souhait de certaines femmes d’accoucher naturellement, sans hospitalisation ni péridurale. Selon la sénatrice centriste, 10% des femmes enceintes seraient concernées. Elles seront accompagnées du début de la grossesse jusqu’au retour à domicile après l’accouchement par la même sage-femme qui assurera le suivi global de la future mère et de l’enfant.

Toutes les femmes qui le désirent ne peuvent pas accoucher dans une maison de naissance. A Paris, au rez-de-chaussée de la maternité des Bluets, les sages-femmes du projet pilote CALM (Comme à la maison) qui préfigure depuis 2008 ce que seront ces maisons de naissance, ont mis en place des critères d’éligibilité très stricts. Seules les femmes dont la grossesse est parfaitement normale peuvent être suivies par une sage-femme seule.

Une grande étude britannique publiée fin 2011 dans le British Medical Journal a démontré qu’à cette condition de grossesse parfaitement physiologique, il n’y a pas plus de risque ni pour la mère ni pour l’enfant à accoucher dans une maison de naissance plutôt qu’à l’hôpital. Mais impossible par exemple d’envisager ce type d’accouchement naturel si la grossesse est multiple, si la future mère a déjà eu une césarienne lors d’une précédente grossesse ou si elle souffre d’hypertension ou de diabète gestationnel. Et même si la grossesse s'est déroulée normalement, au moindre problème survenant au cours de l’accouchement, la sage-femme et le couple rejoignent le plateau technique de la maternité toute proche.

La proximité entre la maison de naissance et la maternité sera l’un des critères importants dans le choix des structures retenues pour l’expérimentation. Le texte initial prévoyait que les deux structures soient "attenantes", un amendement socialiste les exigent désormais "contiguës" avec un accès rapide et aménagé entre la maison de naissance et la maternité.

Si les pays nord-américains, la Belgique ou encore l’Allemagne ont mis en place depuis plusieurs années des maisons de naissances isolées à plusieurs dizaines de kilomètres de la maternité la plus proche, le législateur français opte pour cette solution de compromis entre l’aspiration de ces femmes à un accouchement moins médicalisé et l’inquiétude des gynécologues-obstétriciens qui soulignent qu’une grossesse normale n’empêche pas la survenue d’un incident grave et imprévu pendant l’accouchement.
Pour éviter que la sage-femme de la maison de naissance ne passe la main au gynécologue qu’en catastrophe, un amendement à la proposition de loi impose une convention entre la maison de naissance et la maternité attenante pour définir précisément les conditions de transfert d’une structure à l’autre quelque soit le stade de la grossesse.

La liste des maisons de naissance candidates à cette expérimentation devrait rapidement s’étoffer. Les projets pilotes du CALM à Paris et de l’hôpital de Pontoise sont déjà opérationnels tandis que d’autres maisons de naissance pourraient rapidement voir le jour à Remiremont, Nancy, Marseille, Thonon, Lyon, Rennes ou encore Bordeaux.

Présente au Sénat lors du vote de cette proposition de loi, la ministre de la Santé a précisé qu’elle serait attentive à ce que soient privilégiés les projets de maison de naissance garantissant des tarifs opposables, autrement dit sans dépassement d'honoraires. Mais d’ici là, le parcours parlementaire du texte doit encore se poursuivre avec l’examen par l’Assemblée Nationale prévu à l’automne.

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