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Traitement antirétroviral

VIH : si le virus est indétectable dans le sang, il ne peut pas se transmettre

Par Mathilde Debry

Chez les séropositifs, c’est désormais clair : un virus indétectable dans le sang équivaut à une absence de risque de transmission. 

macniak / istock
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Un essai clinique a montré de façon certaine qu'il n'y avait pas eu de transmission du VIH chez des couples hétérosexuels lorsque le virus du partenaire vivant avec le VIH n’était pas détectable dans son sang. Par la suite, les chercheurs ont confirmé ces résultats chez des couples homosexuels masculins. 

"De nombreuses implications comportementales, sociales et juridiques"

"L'acceptation du concept du VIH indétectable et non transmissible en tant que fondement scientifique ont de nombreuses implications comportementales, sociales et juridiques", notent les responsables de l'Institut national des allergies et des maladies infectieuses (NIAID). "Cet état peut aussi aider à contrôler la pandémie de VIH en prévenant la transmission, et réduire la stigmatisation à laquelle de nombreuses personnes séropositives sont confrontées", ajoutent-ils.  

Pour augmenter le nombre de patients porteurs d’un VIH indétectable, les auteurs de l’étude soulignent l'importance de mettre en œuvre des programmes qui aident les personnes infectées à surmonter les obstacles du traitement quotidien, appelé traitement antirétroviral. 

Traitement antirétroviral

Le traitement antirétroviral standard consiste à associer au moins 3 médicaments antirétroviraux (ARV) pour supprimer au maximum le VIH en arrêtant l’évolution de la maladie. Il a été observé un recul considérable des taux de mortalité lorsqu’on utilise un schéma antirétroviral puissant, en particulier aux premiers stades de l’infection.

Mais malgré une progression notable du dépistage en France, avec 5,6 millions de sérologies VIH réalisées en 2017, plus d’un quart des découvertes de séropositivité sont toujours trop tardives. 28% des personnes ont été diagnostiquées cette année à un stade avancé de l’infection, et la moitié des découvertes de séropositivité (49%) a concerné des personnes qui déclarent n’avoir jamais été testées auparavant, selon le dernier BEH. Dans les populations risque, à savoir les gays et les hétérosexuels nés à l’étranger, cette proportion est respectivement de 22% et 62%.

153 000 personnes vivent avec le VIH en France

Le nombre de découvertes de séropositivité VIH avait été estimé à environ 6 000 en 2016, soit une diminution de 5% par rapport à 2013 (ce nombre n’a pas encore pu être estimé pour l’année 2017). Les hommes ayant des rapports sexuels entre hommes et les hétérosexuels nés à l’étranger (dont les 3⁄4 sont nés dans un pays d’Afrique subsaharienne) restent les deux groupes les plus touchés et représentent respectivement 45% et 38% de diagnostics positifs en 2017-2018. Les hétérosexuels nés en France et les usagers de drogues injectables représentent respectivement 15% et 1%.

Ces proportions sont stables depuis 2015, sauf pour les personnes de plus de 49 ans. En 2016, le nombre de séniors ayant découvert leur séropositivité a été estimé à 1 200, soit 20% de l’ensemble des découvertes – des chiffres en augmentation. On estime que 153 000 personnes vivent avec le VIH en France.