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Maladie du soda

Stéatose hépatique : les bactéries intestinales peuvent aider à la traiter

Causée par un excès de sucre dans le foie, la stéatose hépatique non alcoolique, ou NASH, est une maladie présentant peu de symptômes à ses débuts, ce qui peut retarder le diagnostic et compliquer sa prise en charge. Un combiné libéré par nos bactéries intestinales pourrait aider à la détecter de manière précoce.

Stéatose hépatique : les bactéries intestinales peuvent aider à la traiter Dr_Microbe/iStock

  • Publié 01.01.2040 à 00h00
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Aussi connue sous le nom de "maladie du foie gras" ou "maladie du soda", la stéatose hépatique non alcoolique (NASH) est une maladie silencieuse, sans symptôme, qui dégrade insidieusement le foie. En cause : la consommation excessive de sucre et de graisse, qui dégrade progressivement la santé du foie et peut entraîner une cirrhose ou un cancer.

Si les personnes souffrant d’obésité, d’hypertension artérielle ou de diabète de type 2 sont plus à risque de développer une stéatose hépatique, il n’en reste pas moins que le diagnostic est très souvent établi trop tard, lorsque les dommages au foie sont irréversibles et nécessitent alors une greffe.

Le rôle des biomarqueurs intestinaux

Depuis plusieurs années toutefois, des chercheurs tentent de trouver des moyens de diagnostiquer la stéatose hépatique non alcoolique de manière plus précoce, afin qu’elle puisse être traitée le plus rapidement possible.

Une équipe internationale de chercheurs y est peut-être parvenue. Dans un article publié dans la revue Nature Medicine, des spécialistes britanniques, italiens, espagnols et français affirment qu’il sera bientôt possible de diagnostiquer tôt la stéatose hépatique en examinant certains biomarqueurs intestinaux.

"Nous avons découvert des liens passionnants entre la composition du microbiote intestinal, le foie gras, et le métabolisme des glucides ", explique le professeur José Manuel Fernández-Real, de l'Université de Gérone en Espagne. "Cela contribue à mieux comprendre pourquoi 30% des personnes atteintes d'obésité massive ne développent pas de stéatose hépatique malgré une augmentation considérable de la masse grasse", ajoute-t-il.

Un microbiote intestinal plus pauvre

Les chercheurs ont analysé les données médicales de 100 femmes obèses ayant une stéatose hépatique non alcoolique mais pas de diabète. Des échantillons de sang, d'urine, de fèces et des biopsies du foie ont été prélevés et ont ensuite été comparés avec des échantillons similaires recueillis auprès d’individus sains.

L’analyse détaillée des données a révélé la présence, chez les personnes ayant une NASH, de niveaux élevés d’un composé appelé acide phénylacétique. Libéré par certaines bactéries intestinales, il serait à l'origine de l'accumulation de graisses en excès dans le foie et donc de l'apparition précoce de la stéatose hépatique. "Grâce à ce travail, nous avons peut-être découvert un biomarqueur pour la maladie elle-même", explique le Dr Lesley Hoyles, de l'Imperial College de Londres au Royaume-Uni. "Globalement, cela démontre que le microbiome a définitivement un effet sur notre santé." Si l’acide phénylacétique est effectivement un biomarqueur de la stéatose hépatique, cela laisse espérer la mise au point d’un diagnostic précoce de cette affection par un simple test sanguin.

Autre découverte faite par les chercheurs : celle selon laquelle la NASH pouvait faire évoluer la composition du microbiote intestinal. Quand la maladie est constatée, le nombre de gènes codés par les bactéries intestinales diminue progressivement, suggérant que le microbiote devient plus pauvre et moins diversifié dans sa composition microbienne. D’après les scientifiques impliqués dans l’étude, un microbiote moins diversifié peut causer des problèmes métaboliques tels que l’inflammation du foie et la non-réponse à l’insuline, l’hormone permettant de réguler les niveaux de sucre dans le sang.

L’espoir d’un test sanguin de dépistage

L’équipe scientifique souhaite désormais poursuivre ses recherches autour des signaux produits par les bactéries intestinales et qui pourraient, à terme, permettre de diagnostiquer de manière précoce les maladies. "Cela ouvre la possibilité qu'un simple test de dépistage dans une clinique [...] puisse un jour être utilisé pour détecter les premiers signes de la maladie", se réjouit le Dr Marc-Emmanuel Dumas, auteur principal de l’étude.

Il faudra toutefois attendre des années avant qu’un test de dépistage soit testé cliniquement. Pour en arriver là, les chercheurs doivent affiner leur compréhension de l’acide phénylacétique et de son rôle dans le diagnostic de la stéatose hépatique. "Nous devons maintenant explorer davantage ce lien et voir si des composés l’acide phénylcétique peuvent effectivement être utilisés pour identifier les patients à risque et même prédire l'évolution de la maladie", poursuit le Dr Dumas. "La bonne nouvelle est qu'en manipulant les bactéries intestinales, nous pourrions être en mesure de prévenir la stéatose hépatique et ses complications cardiométaboliques à long terme", conclut-il.

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