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QUESTION D'ACTU

Particules fines

La cuisine au fuel et au charbon accroît le risque de mortalité totale

Une nouvelle étude révèle le lien existant entre l’utilisation de combustibles solides comme le fuel ou le charbon pour la cuisine ou le chauffage et le risque accru de mortalité, notamment cardiovasculaire, dans la Chine rurale. En cause :  la grande quantité de polluants générée par ces combustibles, notamment les particules fines.

La cuisine au fuel et au charbon accroît le risque de mortalité totale esmeraldaedenberg/iStock

  • Publié 04.04.2018 à 10h38
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Largement disparus des foyers d’Occident, le fuel et le charbon restent encore aujourd’hui, dans la Chine rurale, les principaux carburants utilisés par les familles pour se chauffer et faire la cuisine. Pourtant, leur utilisation n’est pas sans danger pour la santé.

C’est ce que révèle une étude publiée mardi 3 avril dans le Journal of the American Medical Association (JAMA). Selon ses résultats, il existe une forte corrélation entre l’utilisation de combustibles solides et un risque accru de mortalité cardiovasculaire et de mortalité toutes causes confondues.

« Les mécanismes par lesquels l’utilisation de combustibles solides peut contribuer au risque de mortalité ne sont pas bien compris », explique au JAMA le Pr Kuai Yu, de l’Université des sciences et de la technologie à Wuhan, et principal auteur de l’étude. « La combustion de carburants solides libère des niveaux substantiellement plus élevés de divers polluants gazeux et de matières particulaires (PM) que les carburants propres, ce qui pourrait augmenter les maladies cardiovasculaires et le risque de mortalité par les voies telles que l’athérothrombose », poursuite le Pr Yu.

Un risque de mortalité accru

Pour parvenir à cette conclusion, le Pr Yu et ses collègues ont mené une étude de cohorte prospective nationale dans cinq régions rurales de Chine entre juin 2004 et juillet 2008. Au total, plus de 271 000 adultes, dont 59% de femmes, ont participé à l’étude. L’âge moyen des sujets était de 51 ans au début de l’étude et tous étaient sans antécédents autodéclarés de maladie cardiovasculaire diagnostiquée par un médecin. Un sous-ensemble aléatoire de près de 11 000 adultes a participé à une nouvelle étude après un intervalle moyen de 2,7 ans.

Les chercheurs ont observé que 66% des participants ont déclaré cuisiner au moins une fois par semaine et que 84% d'entre eux utilisaient des combustibles solides. 60% des sujets ont également déclaré avoir chauffé leur maison en hiver; 90% d'entre eux utilisaient des combustibles solides. Au cours d'un suivi moyen de 7,2 ans, 15 468 décès sont survenus, dont 5 519 provenant de maladies cardiovasculaires.

Le risque de mortalité cardiovasculaire est particulièrement élevé chez les sujets utilisant des combustibles solides pour la cuisson. En revanche, les chercheurs ont observé un taux plus faible de risque de mortalité cardiovasculaire et de mortalité toutes causes confondues chez les participants utilisant des combustibles propres comme le gaz naturel ou le bois, qui émettent moins de CO2 lorsqu’ils se consument. Le risque de mortalité cardiovasculaire et de mortalité toutes causes confondues observé était aussi plus faible chez les participants utilisant un fourneau ventilé.

« À notre connaissance, il s'agit de la première étude à évaluer séparément le risque de mortalité associé à la cuisson et au chauffage, leurs interactions avec le tabac, le passage des combustibles solides aux carburants propres et l'utilisation d'une ventilation adéquate », écrivent les chercheurs.

Les particules fines, responsables de 530 000 décès par an en Europe

Comment expliquer ce risque accru de mortalité chez les sujets de l’étude utilisant des combustibles solides pour cuisiner ou se chauffer ? Pour les chercheurs, c’est parce que ces combustibles solides sont extrêmement polluants. Lorsqu’ils sont brûlés dans une pièce close, ils génèrent une grande quantité de particules fines, qui endommagent la paroi des artères. De précédents études ont démontré que les particules fines pouvaient s’infiltrer jusqu’au cœur et causer des accidents vasculaires cérébraux et des infarctus.

L’Europe n’est d’ailleurs pas épargnée par cette pollution aux particules fines. Dans son dernier rapport sur la pollution de l’air dévoilé en octobre 2017, l’Agence européenne de l’environnement indiquait que l'exposition aux particules fines est responsable de plus de 530 000 décès chaque année sur le Vieux continent.

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