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Maladies cardiaques

Fin du "Paradoxe de l'obésité" : le risque cardiovasculaire est réel

Par Camille Boivigny

Une étude britannique portant sur environ 300 000 personnes remet en cause le "paradoxe de l’obésité" selon lequel le fait d’être en surpoids ou obèse n’exposerait pas à un risque majeur de maladie cardiovasculaire. C'est faux et cela confirme une autre étude récente américaine.

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Le surpoids est mauvais pour la santé, on le sait. Pourtant, il traîne l'idée que ce n'est pas mauvais pour le cœur. C'est ce qui a été énoncé par certains comme étant le "paradoxe de l’obésité" : pour certaines pathologies, les personnes obèses auraient un taux de mortalité inférieur. Selon des études, ce serait notamment le cas pour le cancer colorectal, la pneumonie ou encore l’accident vasculaire cérébral.

Des chercheurs britanniques réfutent ce paradoxe de l’obésité, qui veut que les obèses n'aient pas de problèmes cardiovasculaires, après avoir analysé les données médicales de 296 535 personnes. Leurs résultats sont publiés dans l’European Heart Journal le 16 mars 2018.

Une cible d'IMC "sain".

Ils constatent que les personnes ayant un IMC entre 22 et 23 Kg/m2 ont un risque cardiovasculaire plus faible. Ils précisent qu’avec un IMC supérieur à 22 Kg/m2, le risque de pathologie cardiovasculaire augmente de 13% pour chaque augmentation de 5,2 Kg/m2, chez les femmes et de 4,3 Kg/m2, chez les hommes.

Quant au tour de taille, pour des hommes et des femmes ayant respectivement un tour de taille de 74 et 83 cm, le risque de pathologie cardiovasculaire augmente de 16% chez les femmes et de 10% pour les hommes pour 12,6cm et 11,4 cm en plus respectivement. Il en est de même pour les rapports taille-hanche et le pourcentage de masse grasse corporelle.

Une autre étude démontre la même chose

Une autre étude, américaine celle-là, et publiée dans le JAMA Cardiology remet elle-aussi en question ce paradoxe de l’obésité. En réalité, les personnes obèses seraient seulement diagnostiquées plus tôt et vivraient plus longtemps avec la maladie. Etre en surpoids augmente donc les risques de contracter une maladie cardiovasculaire et cela, à un plus jeune âge

Par ailleurs, cette étude montre aussi que les personnes en surpoids ont plus de risques d’avoir un accident vasculaire cérébral, une crise cardiaque, une insuffisance cardiaque ou de mourir d’une maladie cardiaque. Par exemple, un homme en surpoids âgé entre 40 à 59 ans a un risque plus élevé de 21% d’avoir un accident vasculaire cérébral, qu’un homme du même âge mais avec un poids normal.

Vers l'évolution des recommandations

Avec ces conclusions, les auteurs de l’étude de l’European Heart Journal estiment « qu’en maintenant un IMC sain d’environ 22-23 Kg/ m2, les personnes en bonne santé minimisent leur risque de développer ou de mourir d’une pathologie cardiaque. » Ils ajoutent que « même dans la catégorie normale d’IMC compris entre 18 et 25 K/ m2, le risque de pathologie cardiovasculaire augmente au-delà d’un IMC de 22-23 K/ m2

Leurs résultats peuvent faire évoluer les recommandations de prévention et gestion des pathologies cardiovasculaires.