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Eau plastifiée

Des microparticules de plastiques contaminent l'eau en bouteille

Par le Dr Jean-François Lemoine

Selon une étude, qui vient d’être publiée par Orb Media, sur plus de 250 bouteilles de grandes marques testées, 93% contiennent des particules de plastique. Si cette information se révèle exacte, va se poser le problème de ce que l’on doit boire, en sachant que l’homme n’a pas beaucoup de choix car la boisson est indispensable à la vie

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La nouvelle a fait grand bruit. L’étude semble sérieuse ; elle provient d’une université de l’état de New-York et d'une ONG qui annoncent avoir trouvé, dans 93% des échantillons de bouteilles d’eau testées par leur laboratoire, des micro-particules de plastique, invisibles à l’œil nu (polypropylène, nylon, polytéréphtalate d’éthylène).

Si c’est extrêmement désagréable de l’apprendre, il est beaucoup trop tôt pour tirer des conclusions alarmistes. Toutefois on ne connaît pas encore les effets de l’accumulation de plastiques dans le corps. Si les défenseurs de la planète nous alertent – à juste titre – sur l’existence dans l’Océan Pacifique,  d’un « 6ème continent » fait de déchets plastiques, les innombrables chercheurs dans le monde entier n’ont pas encore constaté d’effets similaires sur nos organes.

Vérifier et imposer 

On attend une explication extrêmement rapide des marques dénoncées. Ce sont de grandes multinationales, qui doivent des comptes aux centaines de millions de consommateurs qu’ils abreuvent depuis des années. Ils doivent être en mesure de confirmer et surtout d’expliquer cette présence étrange.

Il faut aussi une vérification des produits de l’ensemble des marques, et l’assurance de communiquer les résultats.

Il faut aussi faire une synthèse de l’ensemble des recherches sur le conséquence de l’ingestion de plastique,  pour avoir une idée de la dangerosité réelle et de l’urgence des actions.

Enfin il faut d’abord et avant tout s’assurer de la véracité de cette étude, qui pour le moment n’a pas fait l’objet d’une publication dans une revue de référence ; en l’absence de vérification, il ne faudrait pas que nous soyons victimes d’une désinformation comme le net en véhicule fréquemment. Une contre étude ne doit pas être difficile à réaliser, à l’échelle de nos états.

Après se pose toujours le problème de ce que nous devons boire

Nous sommes constitués de 70 % d’eau.

C’est dire l’importance de la boisson pour notre vie quotidienne. Boire est d’ailleurs un terme impropre puisque dans les aliments que nous consommons chaque jour il y a une part très importante d’eau : 90 % dans les fruits et légumes, mais également 70 % dans la viande ou le poisson et même 34 % dans le pain…

Sans manger, grâce à ses réserves, nous pouvons survivre quatre à cinq semaines. Sans eau, nous mourrons en trois ou quatre jours.

Nous devons donc boire, chaque jour, une quantité importante de liquide et si vous trouverez toujours quelques chercheurs pour vanter les vertus médicales de la bière ou du vin, il est bien évident que l’eau pure reste la meilleure des solutions.

Plusieurs questions se posent.

D’abord, eau du robinet ou eau minérale ? Pendant des années, le corps médical français a véhiculé l’idée, qu’à de très rares exceptions surtout dues aux nitrates agricoles, l’eau du robinet était parfaite pour notre consommation y compris pour les biberons … Toutefois selon l’Organisation Mondiale de la Santé, 32 millions de Français consomment une eau dont la teneur en plomb, par exemple, est beaucoup trop importante. On pourrait également parler du nickel ou de l’arsenic tout aussi dangereux et tout aussi présent dans nos eaux de robinet. Pour le moment, la situation n’est pas préoccupante et les conséquences se bornent à se méfier d’une tuyauterie en plomb - laisser couler l’eau quelques instants avant de la boire - ou à acheter des systèmes de purification rapide...

Mais elle explique toutefois la mode et surtout la progression étonnante des eaux minérales. D’où la deuxième question : Eau minérale d’accord mais laquelle ? Surtout depuis cette étude. On peut dans un premier temps recommander les eaux qui sont sorties indemnes du test, en attendant que nos bouteilles nous certifient l’absence de ces micro particules plastiques.

Le seul conseil que l’on peut donner est d'alterner les marques pour ne pas risquer de consommer en trop grande quantité du sel, du magnésium, ou du potassium,… ou de plastique  qui varient dans la composition de nos eaux minérales.

Enfin, dans le débat “plate” ou “gazeuse”, ce seront le goût et la capacité à les digérer et non pas la médecine qui guideront votre choix!

En conclusion, d’abord une évidence mais qui n’est pas liée  à cette étude : le monde croule sous les déchets plastique, il semble urgent de bannir les bouteilles de tout genre qui utilise cette matière

Il faut surtout faire aimer l’eau aux enfants.

Plus de 3/4 des boissons des enfants et des adolescents sont sucrées ou aromatisées… et ce n’est pas bien. Au moment où les pays industrialisés se penchent avec effarement sur l’épidémie d’obèses qui déferle sur nos pays, il faut redonner aux enfants le goût de l’eau. Simple, mais pas évident. On peut certes parler du rôle néfaste de la télévision qui, en permanence, envoie aux enfants - et à leurs parents - le message inverse, sans mentionner les dangers potentiels. Et c’est en toute bonne foi que les parents pensent faire le plein d’énergie, de vitamines et d’éléments indispensables, grâce à toutes ces boissons.

Or, il faut bien faire la différence entre les besoins en eaux et les besoins en calories. Grossièrement, on peut dire que l’enfant a besoin d’1,5 litre et de 2800 calories par jour pour connaître un développement normal. Or, un nombre important - et surtout sans cesse croissant - d’enfants consomment bien ce litre et demi de liquide par jour, mais sous forme de boissons sucrées qui représentent 1400 calories, soit la moitié de ce qui est nécessaire, tout cela sans avoir encore rien mangé !

On comprend donc bien maintenant le déséquilibre que représentent ces boissons. Maintenant, comment faire aimer l’eau aux enfants ? Et bien il faut d’abord leur en redonner le goût… car l’eau du robinet n’a pas toujours sa place à table. Ce qui n’est pas grave lorsqu’elle est remplacée par une eau minérale achetée dans le commerce mais, c’est plus problématique lorsque pour changer le goût on a ajouté une bouteille de sirop…

Le problème n’est pas simple. Surtout que, si vous désirez modérer la consommation de boissons sucrées de votre enfant,  il faut également être très prudent : on risque de freiner sa consommation globale et l’on sait que la déshydratation réduit les performances de l’enfant à l’école