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Pollution : des fibres de plastique dans l’eau du robinet

En Europe, 72 % des eaux du robinet seraient contaminées. Une pollution omniprésente dont les effets sur la santé sont encore inconnus.

Pollution : des fibres de plastique dans l’eau du robinet Paolo Margari/Flickr




Le plastique, c’est fantastique. À tel point que nous l’utilisons à toutes les sauces. Depuis son invention, l’humanité en aurait produit 8,3 milliards de tonnes, d’après une étude publiée en juillet dans Science Advances. Une invasion que la planète ne semble pas apprécier. En retour, elle nous le fait manger. Ou plutôt, elle nous le fait boire.

Une enquête sur l’eau, menée par Orb Media dans 14 pays à travers le monde, n’est en effet pas rassurante. L’eau du robinet a été analysée, et des fibres de plastique ont été retrouvées dans 83 % des échantillons. Une pollution omniprésente qui nous touche directement.

L’Europe mieux lotie

En Europe, du plastique a été retrouvé dans 72 % des échantillons, le taux le plus faible de l’étude. À Jakarta (Indonésie), il est et 76 %, à New Delhi (Inde), il monte à 82 %, et le record est co-détenu par le Liban et les Etats-Unis. Dans ces deux pays, 94 % des échantillons prélevés contenaient des fibres plastiques !

Celles-ci mesuraient entre 0,1 et 5 mm. Les prélèvements en contenaient en moyenne un peu plus de 4 par litre, mais certains plafonnaient à 54 particules par litre. Les échantillons les plus pollués ont été retrouvés aux États-Unis. En Europe, qui semble s’en sortir mieux que les autres continents, la densité moyenne est inférieure à 2 fibres par litre.

Une contamination omniprésente

Mais d’où viennent ces fibres ? Sans surprise, des bouteilles et des sacs en plastique et de tous les déchets que nous rejetons dans la nature. Mais pas seulement. Un lavage en machine peut disséminer dans les eaux usées jusqu’à 700 000 de ces fibres qui rentrent dans la composition des vêtements.

Les peintures de maison, de revêtements routiers ou de coques de bateau sont concernées. Les pneus de voiture, par l’usure, contribuent eux aussi. Une étude française parue en 2014 dans la revue Environmental Chemistery avait montré qu’en région parisienne, entre 3 et 10 tonnes de microfibres de plastique tombaient chaque année du ciel.

La variété de produits et d’origines se retrouve dans la variété des fibres identifiées : polyéthylène téréphtalate (PET), polyéthylène, PVC, polypropylène ou encore polystyrène se retrouvent dans nos verres. Des produits du pétrole plus ou moins dangereux. Le polyéthylène et le PVC seraient des perturbateurs endocriniens, alors que le polystyrène pourrait être cancérigène.

Déjà trop tard ?

Le monde s’était ému – pendant quelques secondes – des résultats d’une étude australienne parue en 2015, qui montrait que l’estomac de neuf oiseaux sur dix contenait des matières plastiques. À en juger par les résultats des prélèvements effectués par Orb Media, nous pourrions être tout aussi nombreux, sur la terre ferme.

Et encore, les analyses effectuées ne permettaient pas de déceler les fibres d’une taille inférieure à 100 microns. Toutes les microparticules sont donc passées sous le radar, alors que ce sont potentiellement les plus dangereuses : leur taille leur permet de passer dans la circulation sanguine, et même dans les cellules, d’après le rapport.

Le plastique a pollué les océans, et s’attaque maintenant à l’eau potable. « Cela devrait nous remettre les idées en place, s’indigne le lauréat 2006 du prix Nobel de la paix, Muhammad Yunus. Nous savions que le plastique que nous produisons nous était rendu en partie par la chaîne alimentaire. Désormais, il le fait par l’eau potable. Y a-t-il une porte de sortie ? »
Il serait peut-être temps de réagir, en effet. Si toutefois il n’est pas trop tard.

 

 

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