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Maladies du sang

Lymphome du manteau : efficacité d’un inhibiteur de 2ème génération de la Bruton tyrosine kinase

Par le Dr Jean-Paul Marre

L'acalabrutinib, un inhibiteur hautement sélectif de la Bruton tyrosine kinase, montre un bénéfice net dans les lymphomes du manteau en rechute ou réfractaires.

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Le lymphome à cellules du manteau est un type de lymphome non hodgkinien particulièrement agressif. Il représente 3 à 10% de tous les lymphomes non hodgkiniens. La Bruton tyrosine kinase est une cible particulièrement intéressante dans cette affection et elle a renouvelé le traitement de ces formes de leucémies.

Le traitement par l'acalabrutinib donne un taux élevé de réponses durables et un profil de tolérance favorable chez les patients souffrant d'un lymphome à cellules du manteau récidivant ou réfractaire.

Ce sont les résultats d’une étude parue dans le journal The Lancet, étude en ouvert et non comparative, mais qui a permis l’obtention en septembre une approbation accélérée aux États-Unis par la Food and Drug Administration (FDA) dans le « traitement des adultes atteints de lymphome à cellules du manteau qui ont reçu au moins un traitement antérieur ».

Une étude non-contrôlée

Cette approbation accélérée a été obtenue alors que l’étude est encore préliminaire : il s’agit d’un essai clinique de phase 2 en ouvert et sans comparateur, sur 124 malades atteints d'un lymphome à cellules du manteau récidivant ou réfractaire.

L'acalabrutinib a été administré par voie orale (100 mg deux fois par jour) jusqu'à progression de la maladie ou toxicité inacceptable. Le critère principal de jugement du résultat était la réponse globale évaluée selon la classification en vigueur, qui est la classification de Lugano.

Amélioration particulièrement intéressante

Les malades (âge médian 68 ans) ont reçu en moyenne deux traitements antérieurs. Lors de l’évaluation de 15,2 mois, 100 malades (81%) ont obtenu une réponse globale et 49 patients (40%) ont obtenu une réponse complète !

Avec des résultats pareils, les médianes estimées pour la durée de la réponse, la survie sans progression et la survie globale n'ont pas été atteintes à 12 mois : 72%, 67% et 87%, respectivement.

De effets indésirables qui restent modérés

Les effets indésirables les plus fréquents sont principalement modérés (de grade 1 ou 2 sur une gradation à 4) et sont des maux de tête (38%), des diarrhées (31%), de la fatigue (27%) et des douleurs musculaires (21%).

Les événements indésirables de grade 3 les plus fréquents sont la neutropénie (10%), l'anémie (9%) et la pneumonie (5%). Il n'y a eu aucun cas de fibrillation auriculaire et un cas d'hémorragie de grade 3 ou pire. Le traitement a été interrompu chez 54 patients (44%), principalement en raison d'une maladie évolutive (31%) ou d'événements indésirables (6%).

Le lymphome est une maladie du sang

Le lymphome est un cancer du système lymphatique caractérisé par la croissance incontrôlée de globules blancs anormaux qui sont habituellement chargés de contrôler les infections : les lymphocytes.
Lorsque ces lymphocytes deviennent anormaux, ils se développent de façon incontrôlée dans les organes lymphoïdes qui sont situés dans de nombreux organes du corps (poumon, foie, intestin) en plus des organes lymphoïdes : ganglions, rate, moelle osseuse, thymus. Du fait du rôle du système lymphatique dans les défenses immunitaires, le lymphome va s’accompagner d’un déficit immunitaire.

Des études complémentaires

Il est assez inhabituel d’obtenir une approbation accélérée avec une étude en ouvert et non comparative vis-à-vis de la molécule de référence, mais les résultats sont très intéressants.
L'acalabrutinib est un inhibiteur de la Bruton tyrosine kinase (BTK) de deuxième génération qui est plus sélectif pour le ciblage des kinases alternatives que l'ibrutinib (iBTK de première génération).

En tant que médicament ayant reçu une approbation accélérée aux Etats-Unis, l'acalabrutinib doit encore faire l’objet d’autres études, plus larges et comparatives, afin de vérifier ces excellents résultats.