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Vieillissement de la population

Royaume-Uni : deux fois plus de centenaires en 15 ans

Par Antoine Costa

Les centenaires sont le groupe d’âge qui progresse le plus outre-Manche. Ils sont désormais près de 15 000.

michaeljung/Epictura

La population mondiale vieillit, et cela se vérifie particulièrement dans les pays occidentaux. Les centenaires sont de plus en plus nombreux. Au Royaume-Uni, leur nombre a presque doublé : il est passé de 7 750 en 2002 à 14 910 en 2016, d’après les chiffres de l’Office national des statistiques britannique (ONS). Ce qui représente 0,02 % de la population. Les femmes centenaires sont cinq fois plus nombreuses que les hommes.

L’évolution est encore plus flagrante par rapport à 1986, où ils n’étaient que 3 642. C’est le groupe d’âge qui croît le plus rapidement. Le nombre de personnes âgées de plus de 90 ans a également atteint un nouveau record, avec 571 245 individus.

Baby-boom et progrès sanitaires

Plusieurs facteurs expliquent cette évolution. Elle est « en grande partie menée par les personnes qui sont nées pendant le baby-boom qui a suivi la Première Guerre mondiale, et qui atteignent aujourd’hui les 90 ans, explique Ngaire Coombs, analyste de l’ONS. Elles sont responsables de la croissance de cette population, et du vieillissement au sein de ce groupe ».

La mortalité de tous âges a également chuté en raison des progrès de la médecine, de l’évolution du mode de vie, de la nutrition, et des progrès effectués sur le plan du tabagisme, d’après les statisticiens.

 

L’espérance de vie atteint un palier

Mais ces nouveaux records cachent une tendance qui se vérifie un peu partout dans les pays les plus riches : l’espérance de vie continue de progresser, mais de plus en plus lentement. Ainsi, au Royaume-Uni, l’espérance de vie pour un garçon né entre 2014 et 2016 est de 79,2 ans, et de 82,9 ans pour une fille. Ce n’est que 0,1 année de plus que pour la période 2013-2015. Entre 1980 et 2011, elle progressait en moyenne de 0,3 année pour les garçons et de 0,2 pour les filles.

« Certains des facteurs qui, historiquement, ont dirigé les améliorations de l’espérance de vie, comme la réduction du tabagisme et des maladies cardiovasculaires, ont déjà joué leur rôle », explique le porte-parole de l’ONS.

Recul en France

Plus tôt cette année, Sir Michael Marmot, professeur d’épidémiologie à l’University College de Londres, avait attribué ce ralentissement à la baisse des fonds du système de santé publique britannique, ce qui nuit à la santé des plus défavorisés. « Je soulève une question : l’austérité pourrait-elle avoir joué un rôle ? », avait-il alors déclaré.

En 2015, l’espérance de vie a diminué en France. Elle a reculé de 0,3 année pour les hommes et de 0,4 pour les femmes, pour s’établir respectivement à 79,0 ans et 85,1 ans. Les experts de l’Ined, qui ont publié ces chiffres, expliquent une partie de la baisse par une épidémie particulièrement sévère de grippe, qui a dopé le nombre de décès chez les personnes âgées fragiles.

Le record du monde est détenu par Hong Kong : les hommes peuvent espérer y vivre jusqu’à 81,1 ans, et les femmes jusqu’à 87,3.