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Me Ariel Goldmann: "Il y a eu une erreur humaine" à la maternité de Port-Royal

Par Bruno Martrette

Selon l'AP-HP,  la piste de l'erreur médicale est écartée et la maternité disposait de lits pour recevoir les urgences.  Une version que conteste l'avocat des parents.

Le communiqué l'Assistance publique-Hôpitaux de Paris (AP-HP) publié lundi soir est sans ambiguïté. La maternité de Cochin-Port-Royal  est blanchie par une enquête interne médicale et administrative exceptionnelle diligentée à la suite de la perte de son bébé par une patiente qui avait été renvoyée chez elle. Une version contestée par Me Ariel Goldmann, l'avocat des parents. 


L'erreur médicale

Dans le comminiqué de l'AP-HP du 18 mars, l'enquête soulignait « que la prise en charge médicale a été conforme aux bonnes pratiques obstétricales telles que définies par les recommandations de la HAS ; le déclenchement de l'accouchement, tel qu'il avait été planifié, n'a, à aucun moment, présenté un caractère urgent, en l’absence de risque fœtal identifiable ». Autrement dit, l'erreur médicale était écartée.

Me Ariel Goldmann« C'est un rapport tout d'abord qui est très parcellaire parce qu'il ne comporte pas notamment l'autopsie de l'enfant et les analyses du placenta. Ce sont des éléments qui seront très importants pour déterminer de façon certaine s'il y a eu ou non erreur médicale. Et, même s'il a été confié à des personnalités éminentes et indiscutables, ce rapport est quand même une commande de l'AP-HP, et n'a pas la valeur d'indépendance et d'autonomie qu'auront, par exemple, un rappport judiciaire et une décision judiciaire ».


La disponibilité des lits

Le  communiqué de l'AP-HP indique que « les résultats de cette enquête confirment les premiers éléments d’analyse : les personnels soignants, médicaux et paramédicaux, étaient au complet et la disponibilité des lits et des salles permettait de recevoir les urgences ».

Me Ariel Goldmann. « Ce rapport comporte bien des zones avec des réponses surprenantes. Il est indiqué que ce jour là, il y avait des lits suffisants, alors que si vous lisez le dossier médical de ma cliente,  vous vous apercevez qu'à deux reprises il est indiqué noir sur blanc : pas de lits, pas de places, pas de disponiblités. Alors, je sais pas où est est l'erreur..., mais il y a une des deux versions qui n'est pas la bonne ».

 

Un dossier médical méconnu par les intervenants successifs

Me Ariel Goldmann. « En page 13 du rapport, il est écrit que les dossiers ne sont pas suffisamment connus des intervenants successifs. Et qu'il faut à l'avenir identifier une véritable filière à bas risque. J'en conclus ainsi que le dossier de ma cliente n'a pas été connu des intervenants successifs. Et, c'est précisemment le reproche. Donc erreur médicale je ne sais pas, mais erreur humaine, j'en suis sûr, et elle ne figure pas dans ce rapport ».

 

Les suites judiciaires de l'affaire

Et sur les suites judiciaires de l'affaire, Me Goldmann indique ne pas vouloir préjuger et attendre sereinement la décision de justice du Procureur de la République en charge du dossier. Pourtant, si le Procureur venait à classer l'affaire sans suite, l'avocat avoue se réserver le droit de déposer une plainte avec constitution de partie civile. En conclusion, l'avocat rappelle que « ces clients sont déterminés et veulent aboslument pousuivre leur combat pour le mémoire de leur enfant et pour que ce type d'évènement ne se reproduise pas dans le futur ».