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Paquet de cigarettes à 10 euros : une hausse en trompe-l'oeil ?

Par Philippe Berrebi

A qui va profiter l’augmentation progressive du prix du paquet de cigarettes annoncée hier par le Premier ministre dans son discours de politique générale ? Pour Edouard Philippe, cela ne fait aucun doute, le paquet à 10 euros profitera à a la santé publique et à la prévention. Le tabac n’est-il pas « la première cause de mortalité évitable qui entraîne 80 000 décès par an » ?

Mais pour certains observateurs, cette annonce devrait profiter avant tout… aux caisses de l’Etat. « Edouard Philippe va relancer la machine à cash du tabac », titre le site de BFMTV.
En année pleine, le paquet à 10 euros devait rapporter 4,5 milliards d’euros de recettes fiscales. « En théorie, nuance le journaliste, la baisse de la consommation provoquée par la hausse de prix devrait réduire ce surplus de taxe.

A une nuance près. La plupart les experts l’attestent : pour être efficace et dissuasive, la hausse du prix doit être forte et répétitive. Autrement dit, la méthode « progressive », vantée par le  gouvernement, aurait plus d’effets positifs sur les recettes que sur la consommation elle-même.
D’ailleurs, dans sa lettre de mission, révélée en début de semaine, la ministre de la Santé souhaitait augmenter « rapidement et fortement dès 2018, le prix du tabac ».

Dans le cadre du plan cancer, rappelle l’article, Jacques Chirac avait augmenté en 2003 les prix de 11 % puis de 25 % l’année suivante. La consommation de tabac par fumeur était passée de 4,6 à 3,9 cigarettes par jour en deux ans. Dix ans plus tard, elle est encore de 3,5 cigarettes. Durant cette décennie, les augmentations limitées progressives n’ont pas vraiment dissuadé les accros de la clope.