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Organisation Mondiale de la Santé

Adolescents : 3 000 décès évitables par jour

Par Audrey Vaugrente

Maladies infectieuses, accidents de la route et troubles mentaux tuent trop d'adolescents dans le monde. L'OMS dénonce le manque de prise en charge des jeunes.

Les accidents de la route sont la 1ere cause de décès chez les ados (tomwang/epictura)

Chaque jour, 3 000 adolescents perdent la vie prématurément. Si la plupart de ces décès surviennent dans des pays défavorisés, le monde industrialisé n’est pas épargné. Ce 16 mai, l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS) déclare la guerre à cette mortalité évitable. Elle dénonce le manque de politiques dédiées à cette population.

L’immense majorité des décès d’adolescents est due à des causes qui pourraient être évitées. Accidents de la route, infections respiratoires, comportements autodestructeurs : voici les principaux motifs qui expliquent la mort de jeunes. En 2015, deux tiers de ces trépas prématurés sont survenus sur le continent africain et en Asie du Sud-est.



Des grossesses difficiles

En fonction des sexes, les causes de mortalité varient sensiblement. Alors que les accidents de la route sont les premiers tueurs chez les jeunes hommes, leurs comparses de sexe féminin succombent surtout à des maladies respiratoires. La faute, selon l’OMS, à une pollution intérieure bien trop présente.

Après 15 ans, le profil de la mortalité varie du tout au tout. Les jeunes filles sont principalement les victimes de complications de la grossesse – hémorragies, sepsis ou encore complications d’un avortement. Outre les lacunes du suivi, ce constat soulève la question des violences sexuelles, de la prostitution mais aussi des mariages arrangés.


5 principales causes de mortalité adolescente en 2015 selon le sexe (OMS)


Une constante persiste à cet âge sensible : les comportements autodestructeurs sont très présents. Avec 67 000 décès en 2015, l’automutilation est la troisième cause de mortalité des ados. Elle est particulièrement présente en Europe, où elle figure en deuxième position. Et les services de soins appropriés sont proposés de manière inégale.

Des conditions difficiles

Là où les pays favorisés souffrent plus des conséquences d’un mode de vie néfaste, les conditions de vie sont clairement dominantes dans les pays à faibles et moyens revenus. Maladies transmissibles, méningites ou encore diarrhées y tuent autant que les accidents de la route. Ainsi, 40 000 ados sont morts du sida en 2015.

Dans les contextes les plus fragiles, c’est encore pire. Les adolescents sont obligés de mettre la main à la pâte pour survivre, quitte à s’engager dans le commerce du sexe dans certains cas. En avril, un rapport a ainsi dénoncé l’exploitation sexuelle des enfants réfugiés en Grèce.

Les conséquences sont tout aussi sérieuses : maladies infectieuses, malnutrition ou encore grossesses non désirées sont le lot de ces adolescents forcés à se comporter comme des adultes.

Des troubles mentaux ignorés

Poser le bilan ne suffit. L’OMS propose aussi des solutions concrètes pour réduire la mortalité des adolescents. Car les politiques dédiées brillent par leur absence. « Les adolescents sont les grands absents des politiques sanitaires nationales depuis des décennies », déplore le Dr Flavia Bustreo, directrice-générale adjointe de l’OMS.

Port obligatoire de la ceinture de sécurité, réduction de l’accès aux armes à feu, développement de sanitaires dignes de ce nom sont les étapes nécessaires. Mais l’Organisation s’intéresse tout particulièrement aux jeunes qui souffrent de troubles mentaux ou d’addictions. Ces problèmes persistent faute d’accès aux soins appropriés, ou de connaissances. La relation avec les structures adaptées doit donc être renforcée.