ACCUEIL > QUESTION D'ACTU > Harcèlement à l’hôpital : 300 cas signalés en France

Santé au travail

Harcèlement à l’hôpital : 300 cas signalés en France

Par la rédaction

L’Association Jean-Louis Mégnien alerte sur l’ampleur du phénomène de maltraitance à l’hôpital et sur l’impossibilité de régler ces cas, en l’état.

Sopotniccy/epictura

La carte de France de l’harcèlement à l’hôpital s’agrandit. Dans un communiqué, l’Association Jean-Louis Mégnien, formée au lendemain du suicide d’un cardiologue à l’hôpital européen Georges-Pompidou (Paris), lance un avertissement. Alors qu’un médiateur national a été nommé pour répondre à ces situations de maltraitance et de harcèlement dont sont victimes les membres du personnel soignant, médecins comme infirmiers, la mise en application de solutions tarde.

Car la nomination d’Edouard Coty n’est toujours pas effective ; elle n’a été qu’annoncée. Le presque-médiateur « a commencé à traiter quelques dossiers de personnels gravement maltraités et harcelés » mais il « ne dispose toujours pas de la légitimité qui lui permettrait de remplir efficacement sa mission », déplore l’Association.

Une centaine de cas en février

Or, les cas de harcèlement et de maltraitance du personnel, par les directions des hôpitaux ou par des collègues, ne cessent de remonter du terrain. L’Association, qui centralise les signalements, en a dénombré une centaine rien que pour le mois de février. Cela « porte à plus de trois cents le nombre de cas figurant sur la carte de France ci-jointe récemment mise à jour sur notre site. »

« Le nombre croissant de signalements à l'Association Jean-Louis Mégnien de cas de maltraitance et de harcèlement de personnels de l'hôpital public rend encore plus urgente la nomination officielle du médiateur national et la définition précise de son champ de compétence », insiste l’Association.

"Moyens humains et matériels"

«  La condition indispensable au bon déroulement et à l'efficacité de la mission confiée à Edouard Couty est qu'il dispose des moyens humains et matériels qui lui font actuellement défaut ». Ces moyens devraient permettre, si nécessaire, de demander et d'obtenir du centre national de gestion et des agences régionales de santé « qu'ils donnent une suite concrète, positive et durable aux préconisations qu’il leur adressera ».
Bien que l’Association dit « ne pas douter de la détermination de la ministre » de la Santé, à ce jour, elle n’a « aucune garantie que la médiation permette aux personnels de santé victimes de phénomènes de maltraitance de reprendre espoir et de retrouver au plus vite un exercice professionnel normal ».

L’Association Jean-Louis Mégnien « fera le bilan avant les prochaines échéances électorales, dès que les premiers dossiers examinés auront abouti à des recommandations et qu’elle en aura analysé leurs résultats effectifs sur le terrain ».