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Etude à Curie

Cancer du sein : une étude concluante avec les chiens renifleurs

Par Antoine Costa

Le diagnostic du cancer du sein grâce à l’odorat des chiens semble concluante, selon une étude menée en France. 

pyotr021/epictura

Les chiens peuvent sauver les humains. Leur odorat est à l’étude pour détecter les cancers du sein, selon une information du journal Le Point. Selon l’hebdomadaire, l’institut Curie a présenté à l’Académie de médecine les résultats de travaux visant à dresser des chiens au diagnostic de cette pathologie.

La première étape de cette étude semble concluante. « Nous espérons bien que l'année prochaine nous sera présentée une étude clinique complète validant définitivement cette hypothèse », explique Richard Villet, qui dirige la commission de cancérologie de l'Académie de médecine, cité par le journal.

Rapide et peu coûteux

Le projet Kdog, initié par l'entreprise d'expertise cynophile ITDC (Haute-Vienne), est porté par l'Institut Curie. Lancé en avril dernier, le projet qui réunit chimistes, biologistes, médecins, soignants, experts cynophiles et chiens, a récemment levé 100 000 euros grâce à une campagne de financement participatif sur internet. 

Il s’agit de tester l’efficacité de cette méthode de dépistage rapide et peu coûteuse, qui a vu le jour il y a quelques années et commence à prendre de l'ampleur en France avec le lancement de cette étude.

100 % de réussite

Les directeurs de ce projet ont constaté que certaines cellules cancéreuses du sein présentent un caractère olfactif : les COV. Ainsi, Thor et Hunter, deux bergers malinois élevés par l'armée de l'air pour détecter la présence de stupéfiants ou d'explosifs jouent les apprentis médecins en reniflant des morceaux de tissus portés par deux femmes, à proximité de la poitrine.

Le premier se concentre sur la transpiration, l'autre directement sur le prélèvement des tumeurs. À l'issue de ces premiers tests, les chiens ont interverti leur rôle. Cette seconde étape vise à confirmer la présence des mêmes composés volatiles du cancer du sein dans la sueur ou les tumeurs, en quantité différente mais toujours détectable par l'odorat du chien. 

Piloté par l'expert cynophile Jacky Experton, le projet s'appuie sur des sessions filmées et des tests en aveugle. Jacky Experton a étudié les vidéos et expliqué aux chimistes, aux biologistes et aux médecins de l'Institut Curie le comportement des chiens face au stimulus odorant.

Puis, l'Institut Curie a envoyé à Jacky Experton des tissus tests numérotés dont certains seront portés par des femmes en bonne santé et d'autres atteintes de cancer du sein. Les chiens devaient déterminer s'il s'agit de patientes malades ou indemnes. Ce sont les résultats de cette étude préliminaire qui viennent d'être présentés, avec un taux de 100 % de réussite pour les deux malinois. Des résultats encourageants qui devront toutefois être confirmés par une étude clinique, pour laquelle 800 000 euros sont nécessaires.