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Contre l'abattage préventif

Grippe aviaire : des agriculteurs entrent en résistance

Par Anne-Laure Lebrun

La Chambre d'agriculture du Lot-et-Garonne et le syndicat Coordination rurale s'opposent au confinement et à l'abattage préventif des canards sains. 

kromeshnik/epictura
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La lutte contre la grippe aviaire a du plomb dans l’aile. Des éleveurs de volailles du Lot-et-Garonne se dressent contre l’abattage massif des animaux. Ce lundi 27 février, la Chambre d'agriculture du Lot-et-Garonne et le syndicat Coordination rurale ont indiqué dans un communiqué commun leur refus d’instaurer le confinement des palpimèdes.

Dans ce département peu touché par la grippe aviaire (10 foyers d’influenza aviaire H5N8 ont été signalés au 24 février), le président de la Chambre d’agriculture, Serge Bousquet-Cassagne, et du syndicat Coordination rurale Patrick Franken, ont décrété « unilatéralement » le déconfinement des animaux, « ce qui aura pour conséquence d'éviter les abattages intempestifs » d’animaux sains.

Pour les agriculteurs lot-et-garonnais, cette mesure censée freiner la propagation du virus - qui touche désormais plus de 371 élevages du Sud-Ouest – est « inutile ». Ils appellent donc les éleveurs à se mobiliser « afin d'interdire à quiconque l'accès aux élevages de volailles et canards dans la zone de 1 à 3 km autour des foyers avérés de grippe aviaire ». Autrement dit, les deux présidents demandent aux agriculteurs de s’interposer face aux services vétérinaires chargés de l’abattage des canards, poulets et autres volailles. En revanche, les deux instances précisent qu’en cas de foyer découvert, « l'abattage sera accepté » dans un rayon immédiat autour de celui-ci.


360 000 animaux seront abattus

« On est parvenu jusqu'ici à ne pas tuer préventivement, on veut continuer comme cela », a affirmé le président de la Chambre d’agriculture à l’AFP, ajoutant que « quand la loi est mauvaise, il faut passer par-dessus ». Les deux dirigeants assurent qu’ils pourront mobiliser très rapidement un grand nombre d’agriculteurs. Et si barrage d’éleveurs il y a, ils assumeront « les conséquences de ces actions », notamment d’éventuelles poursuites.

A l’heure actuelle, le département n’est pas concerné par le vide sanitaire décidé par le ministère de l’Agriculture. Cette mesure cible une zone à cheval sur 4 départements (Gers, des Landes, des Pyrénées-Atlantiques et des Hautes-Pyrénées) qui concentre le plus grand nombre de cas. En une quinzaine de jours, plus de 360 000 animaux non infectés par H5N8 devraient être tués.