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Glyphosate : 38 ONG réclament son interdiction

Une coalition de 38 ONG lance une initiative citoyenne européenne pour faire interdire le glyphosate. Un million de signatures devront être récoltées avant l’été.

 Glyphosate : 38 ONG réclament son interdiction WITT/SIPA

  • Publié 09.02.2017 à 00h06
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Les institutions européennes n’y parviennent pas ? Les citoyens vont essayer. Le plus célèbre des pesticides fait l’objet d’une initiative citoyenne européenne (ICE) lancée ce mercredi en France et dans 14 pays de l’Union. L’objectif de cette vaste pétition internationale consiste à faire interdire le glyphosate, ce produit phytosanitaire présent notamment dans le Round Up de Monsanto.

Le peuple français avait déjà exprimé sa désapprobation face à ce pesticide dont la toxicité ne fait plus l’ombre d’un doute. En mai, un sondage montrait que 70 % des personnes interrogées souhaitaient l’interdiction du glyphosate sur le territoire français.

Présent dans 750 produits

Un vœu entendu par les autorités de l’Hexagone, qui ont annoncé en mai 2016 qu’elles ne renouvelleraient pas l’autorisation du glyphosate. Depuis le 1er janvier 2017, le Round Up est interdit à la vente, même si celle-ci reste tolérée jusqu’en 2019 afin de permettre aux commerçants d’écouler leurs stocks et aux utilisateurs de trouver des alternatives. En tout, 132 produits contenant du glyphosate ont été retirés de la vente. 

Le glyphosate a été reconnu comme « probablement cancérigène» par le CIRC, émanation de l’Organisation Mondiale de la Santé. En raison de son impact sur le système hormonal, il figure parmi la liste des perturbateurs endocriniens. Malgré une toxicité évidente, il reste utilisé pour l’élaboration de quelques 750 produits distribués dans une vingtaine de pays.

Les errements de l'Europe

En Europe, l’homologation de l’herbicide devait prendre fin cet été. La Commission Européenne, sommée de voter une éventuelle ré-autorisation, s’est retrouvée sous le feu des projecteurs médiatiques, elle qui a tant l’habitude d’œuvrer dans l’ombre – rares, en effet, sont ceux qui se passionnent pour les dossiers européens. Mais cette fois, il s’agit du glyphosate, pesticide tristement connu de tous parce qu’il est aussi le plus vendu au monde.

Comprenant qu’elle n’aurait pas la majorité qualifiée, la Commission a deux fois reporté son vote, pour finalement, ré-autoriser l’homologation du produit pour 18 mois, « jusqu'à ce que l'Agence européenne des produits chimiques (ECHA) publie son avis, au plus tard à la fin de 2017 », a-t-elle indiqué en juin dernier. La France et Malte ont voté contre cette nouvelle autorisation.

"Déni de démocratie"

La Commission Européenne s’est ici illustrée par son incapacité à tenir tête aux industriels sur le dossier du glyphosate. Face à ce « déni de démocratie », selon la formule utilisée par les associations, et pour pallier le manque de volontarisme politique des institutions du Vieux Continent, les citoyens s’apprêtent donc à prendre le relai.

Pour être effective, l’initiative citoyenne européenne (ICE) lancée ce jour doit récolter un million de signatures. Une coalition de 38 ONG porte ce projet à travers l’Union Européenne. En France, c’est Générations Futures qui est aux commandes, soutenue par de nombreuses associations (« Médecins alerte pesticides », le « Collectif de soutien aux victimes des pesticides de l'Ouest », la Confédération paysanne, le Criigen, Eau et Rivières de Bretagne…).

Urgence

« Une ICE n’est pas une simple pétition, rappelle l’ONG dans un communiqué. Elle peut influencer directement les choix législatifs de l’UE ». En effet, comme l’explique l’Union Européenne sur son site, l’ICE « permet à un million de citoyens de l'UE de participer directement à l'élaboration des politiques européennes, en invitant la Commission européenne à présenter une proposition législative ». Ainsi, si le nombre de signatures atteint le million, la Commission aura l’obligation légale de prendre en compte le texte et de fournir une réponse formelle.

Mais le calendrier est serré, il faut agir vite, comme le rappelle l’association WeMove.eu, citée par Générations Futures. « Nous avons jusqu'au 25 janvier 2018 pour atteindre cet objectif, mais étant donné que la Commission européenne devra prendre une décision sur la ré-homologation du glyphosate d'ici la fin de 2017, il nous faut collecter le million de signatures avant l’été ».

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