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QUESTION D'ACTU

Sécurité, compétitivité

Les entreprises du médicament contre-attaquent

Les industriels entendent participer au retour à la confiance dans le médicament face au climat de suspicion. Le nouveau président du LEEM a dénoncé l'hypocrisie des pouvoirs publics.

Les entreprises du médicament contre-attaquent DURAND FLORENCE/SIPA

  • Publié 01.02.2013 à 14h00
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En France, « chaque interrogation sur un médicament se transforme en réquisitoire », a regretté hier Hervé Gisserot,  président depuis décembre dernier du Leem, l'organisme qui regroupe les entreprises du médicament.
Soulignant qu'il n'était pas le porte-parole de Bayer, laboratoire fabricant de Diane 35, Hervé Gisserot a regretté que l'annonce des 4 morts liées à la prise de ce médicament comme contraceptif n'ait pas été "remise en perspective" avec la durée d'utilisation de 25 ans. Il a précisé également que comme tout produit de santé, Diane 35 est la résultante d’un fragile équilibre de sa balance bénéfice/risque. Plus généralement, le patron du Leem a redit que le risque était "intrinsèque à la nature des médicaments". "Nos entreprises doivent continuer à se mobiliser autour de la détection des effets indésirables", a-t-il affirmé. Par ailleurs, il a  souligné que la moitié des effets négatifs signalés par la pharmacovigilance étaient déjà rapportés par les industriels, le tout en plaidant pour un développement de la pharmaco-épidémiologie avec la demande d'ouverture des bases de données publiques en santé.

Mais sa charge la plus sévère, c'est aux pouvoirs publics qu'il l'a réservé. « L’État prétend relancer la politique industrielle de la France, attaque-t-il, mais il organise dans le même temps la contraction du marché. Il souhaite encourager le rayonnement scientifique de la France, mais il bannit les congrès médicaux par une fiscalité totalement dissuasive. ». Selon lui, « La France s’est laissée décrocher », assure-t-il, « à force de déployer des dispositions purement franco-françaises qui se traduisent par des pertes de compétitivité ». Le nombre de dossiers d’AMM (autorisation de mise sur le marché) dont la France est rapporteur en est  l’illustration. Alors que l’Hexagone se situait il y a quelques années juste derrière le Royaume-Uni, « il se place aujourd’hui au niveau de Malte ou de Chypre », conclut-il. 

Un coup de colère qui s'explique par les mauvais chiffres de l'industrie pharmaceutique française. Le président du Leem a rappelé que le secteur de l'industrie pharmaceutique était entré "en récession en 2012" en France, avec une baisse du chiffre d'affaires de 3,3% en médecine de ville et une stagnation en médecine hospitalière.
 
Pour remédier au décrochage de la France, Hervé Gisserot a appelé les pouvoirs publics à conclure avec le LEEM un « contrat de mandature », pour arriver à replacer l’industrie du médicament dans « un cadre économique soutenable ». Il passe, d'après le président du Leem, par le développement des filières d'excellence, le soutien aux exportations, et un cadre fiscal compétiteur. 
 
 
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