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Mark Van Nierop

Dentiste de l'horreur : les premières victimes indemnisées

Par Julian Prial

17 victimes françaises du "dentiste boucher", ce praticien néerlandais condamné pour les avoir mutilées, vont recevoir des indemnisations entre 5 000 et 40 000 €, selon leur avocat. 

© Stocklib /

Huit ans de prison pour avoir mutilé une centaine de personnes. La condamnation du « dentiste boucher » de Château-Chinon, Jacobus Marinus Van Nierop, avait été prononcée fin avril 2016 par le tribunal correctionnel de Nevers (Nièvre).

Poursuivi pour « escroqueries », « faux et usage de faux » et « violences volontaires ayant entraîné une mutilation ou une infirmité permanente », la description de ses pratiques faisaient froid dans le dos. Des dizaines de dents saines arrachées, des infections et abcès provoqués, des outils cassés dans les gencives et laissés tels quels, des mâchoires brisées, ou encore des gencives cousues à la joue...

Autant de souffrances qui n'avaient pour seule réponse : M. Van Nierop se déclarait insolvable. Nicole Martin, présidente du « collectif dentaire », qui réunit une majorité des victimes du dentiste, craignait donc que les victimes « ne touchent rien » et que « tout soit aux oubliettes » après le procès. Des craintes dissipées ce jeudi par la Commission d'Indemnisation des Victimes d'Infractions (Civi).

 

17 victimes françaises indemnisées 

« Les victimes peuvent être rassurées, la Civi les reconnaît comme victimes et certaines attendent ces indemnisations pour poursuivre leurs soins car elles sont toujours chez le dentiste », a commenté Mme Martin auprès de l'Agence France Presse (AFP), tout en soulignant que « l'objectif » premier de son combat visait à ce que Mark Van Nierop « arrête d'exercer ». Sa peine avait été assortie par le tribunal d'une interdiction définitive de pratiquer la profession de dentiste, rappelle-t-on.

Mais surtout, dix-sept victimes françaises du « dentiste de l'horreur » vont recevoir des indemnisations comprises entre 5 000 et 40 000 euros, selon leur avocat interrogé aujourd'hui par l'AFP. « Ce sont des indemnisations correctes qui permettent aux gens de se sentir réparés », s'est-il félicité. Enfin, ce dernier a précisé que 17 premières victimes ont obtenu 4 000 euros chacune au titre du « préjudice permanent exceptionnel » reconnu par la Civi.

Le drame d'un désert médical 

« Le préjudice permanent exceptionnel a été reconnu pour tous par la Civi qui a considéré la spécificité de ces dossiers, car ce n'est pas la même chose d'être victime après un accident et à la suite d'un acte de soins », a souligné l'avocat. Dans dix autres cas, la décision de la Civi est attendue le 3 octobre. Au total, la justice a reconnu que 85 patients avaient subi des violences, dont 45 des mutilations.

Pour rappel, ce dentiste néerlandais s'était installé en 2008 à Château-Chinon, dans le centre de la France, une région dépourvue de médecins où il menait grand train. Mais les plaintes de patients s'étaient accumulées dès 2011, ceux-ci dénonçant des soins douloureux et mal réalisés, ainsi que des surfacturations et diverses malversations.