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Prévention des risques

Pré-diabète : l’exercice physique modéré plus efficace que le sport intense

Par Mathilde Ledieu

Pour prévenir le diabète, une alimentation saine ainsi que de l’exercice physique sont recommandés. Une intensité modérée serait meilleure qu’un exercice vigoureux.

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Plus de sport, meilleure forme ? La logique voudrait qu’avoir une activité sportive intense soit meilleure pour la santé qu’une activité plus douce, ou restreinte. Des chercheurs du centre de santé de la Duke University ont pourtant observé que dans le cas du pré-diabète, l’exercice physique modéré est plus efficace que sa variante vigoureuse. L’étude parue dans Diabetologia a suivi pendant six mois 237 participants âgés de 45 à 75 ans, non-fumeurs et ne présentant pas de maladies cardiovasculaires, ou d’hypertension non soignée. Aucun n’était diabétique mais tous ont été diagnostiqués pré-diabétiques sur la base d’une glycémie élevée à jeun.

Pour étudier l’impact de l’exercice physique sur le pré-diabète, les volontaires ont été répartis en quatre groupes. Le premier a suivi une intervention standardisée sur le modèle du Programme de Prévention du Diabète (PPD), qui comprend une part de mesures diététiques – régime alimentaire moins calorique et moins gras – et des exercices physiques d’intensité modérée – douze kilomètres de marche rapide par semaine. Ce programme est destiné à faire perdre aux participants 7 % de leur poids en un semestre. Les trois autres groupes n’ont pas eu à respecter les mesures diététiques et ont suivi des séquences d’exercice physique différentes. Pour le deuxième groupe, 12 km de marche rapide par semaine à intensité modérée. Pour le troisième, 18,5 km dans les mêmes conditions. Enfin, le dernier a couru 18,5 kilomètres par semaine à intensité élevée.

 

Meilleure tolérance au glucose

Sans surprise puisque c’est la référence dans le pré-diabète, le programme PPD complet (groupe 1) a permis la plus grande augmentation de la tolérance au glucose. Ce paramètre reflète la capacité du corps à réguler la glycémie, et est donc un bon indicateur  pour prédire la progression vers le diabète.
C’est ensuite l’activité physique modérée (groupes 2 et 3) qui provoqué la plus grande amélioration de la tolérance au glucose. Le patients qui avaient participé à des séances de jogging n'ont vu leur tolérance augmenter que de 1,2 %. « L’exercice de haute intensité a tendance à brûler plus de glucose que de graisse, alors que l'exercice d'intensité modérée a tendance à brûler les graisses plus que le glucose », explique le Dr William Kraus, co-auteur et professeur de médecine. Les scientifiques pensent que cela favorise l’absorption du sucre par le muscle, qui est le premier lieu de stockage du glucose après un repas. L’exercice modéré est donc la manière la plus efficace de pratiquer une activité sportive dans le contrôle du pré-diabète.

Pour confirmer ces résultats, une étude sur l’apparition future et la progression du diabète serait nécessaire. « Face à la décision d’essayer de perdre du poids, de mieux manger, et de faire de l’exercice pour améliorer le pronostic du pré-diabète, je peux dire à mes patients qu’ils atteindront déjà 80 % de l’objectif en se concentrant sur l’activité physique », se réjouit le Dr Klaus. Une bonne nouvelle quand on sait les efforts que demandent ces changements dans la vie des patients.