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Traitement de la ménopause

Alzheimer : le patch aux œstrogènes a un effet protecteur

Par Mathilde Ledieu

Les traitements hormonaux de la ménopause seraient efficaces pour prévenir l’apparition de la maladie d’Alzheimer. L'effet est plus marqué chez les personnes à risque.

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Tantôt bénis, tantôt décriés, les traitements hormonaux de la ménopause sont pour le moins controversés. Une nouvelle donnée en leur faveur s’ajoute au tableau, dans le Journal of Alzheimer Disease. Des chercheurs de la Mayo Clinic aux Etats-Unis ont identifié des bénéfices contre l’apparition de la maladie d’Alzheimer. Ils ont étudié l’influence d’un traitement hormonal par œstrogènes sur 68 femmes âgées de 42 à 59 ans. 21 ont reçu ce traitement sous forme de patch à coller sur la peau, 17 sous forme de comprimés oraux, et 30 ont reçu le placebo - une substance inactive destinée à comparer les effets des molécules en dehors de l’influence psychologique.

Aucun effet n’a été constaté chez les femmes ayant pris le traitement oral. En revanche, les scientifiques ont observé une baisse des dépôts d’amyloïde pour le traitement par patch. Ces plaques collantes dans le cerveau sont révélatrices de la maladie d’Alzheimer. Elles provoquent les troubles cognitifs observés dans cette affection. La réduction des dépôts d’amyloïde était particulièrement importante chez les femmes porteuses du gène APOE ε4, fréquemment associé à Alzheimer. Les femmes les plus à risque sont donc aussi celles sur qui le traitement a apporté le plus d’effet positif.

Traiter précocement

Une précédente étude appelée Women's Health Initiative avait montré un impact négatif lorsque le traitement est commencé tard. Démarré après 65 ans, le risque de démence était accru. Les scientifiques se sont donc focalisés sur les trois premières années après la ménopause, durant lesquelles le taux d’œstrogènes chute drastiquement et rapidement.

La maladie d’Alzheimer touche 900 000 personnes en France et provoque des troubles de la mémoire, des fonctions exécutives et de l’orientation dans l’espace et le temps. Elle apparaît le plus souvent après soixante-cinq ans. L’étude est donc prometteuse. Les traitements substitutifs à base d’hormones pourraient prévenir l’apparition de cette maladie assez précocement. Cela pourrait aussi influencer le choix des femmes de prendre ou non un tel traitement.