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QUESTION D'ACTU

Tétanos, polio, grippe...

Vaccination : les pharmaciens ne baissent pas les bras

Le Conseil National de l'Ordre des pharmaciens (CNOP) estime qu'il est urgent de rétablir l’adhésion des Français à la vaccination. Il revendique le droit de vacciner dans l'officine. 

Vaccination : les pharmaciens ne baissent pas les bras csakisti/epictura

  • Publié 13.07.2016 à 16h46
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A l’heure où une concertation citoyenne sur la vaccination est mise en œuvre par le gouvernement (1), l’Ordre des pharmaciens (CNOP) souhaite faire entendre sa voix sur ce sujet. Lors d'une conférence organisée ce mardi, il a tenu à rappeler « le rôle majeur » de ces professionnels de santé dans la couverture vaccinale en France. 

L'Ordre a rappelé à ce titre que les pharmaciens informent le public sur les vaccinations en les sensibilisant à l'importance d'être vacciné, délivrent des conseils personnalisés en fonction des situations et vérifient le statut vaccinal. Mais malgré ces efforts entrepris pour la promotion et le suivi des vaccinations par les personnels des officines,  le compte n'y est toujours pas, déplorent-ils.

2 % des Français totalement défavorables 

Isabelle Adenot, présidente du CNOP, a égrené plusieurs chiffres montrant les réticences des Français à se confronter aux aiguilles. Sur fond d'affaire Henri Joyeux et de propagande des ligues anti-vaccinales, 2 % des citoyens se disent totalement défavorables à toutes les vaccinations. Lors de la saison 2014-2015, le taux de couverture vaccinale contre la grippe pour les populations à risque s'établit à 46 %.
Des résultats peu rassurants lorsqu'on sait que l'objectif fixé par l'Organisation Mondiale de la Santé (OMS) est d'au moins 75 %. Enfin, près d'un Français sur cinq ne serait pas à jour de ses vaccins (2).

 « Il est urgent pour les professionnels de santé de rétablir l’adhésion en démontrant l’utilité des vaccins, a déclaré Isabelle Adenot. Les pharmaciens peuvent y contribuer ».
Selon elle, les pharmaciens doivent obtenir le droit de vacciner, en commençant par les populations adultes. « Mais cela doit se faire sous conditions, a-t-elle précisé : « Cette nouvelle attribution ne devra concerner que certains vaccins (diphtérie, tétanos, polio et la grippe) et il devra y avoir une prescription médicale (rappels). De plus, il faut des conditions de formation, de locaux, et que le médecin ait déjà prescrit le vaccin ». 

15 % de primo-vaccinés  

Il est vrai que  la France est en retard dans ce domaine. Plusieurs pays ( Royaume-Uni, Portugal, Irlande, Suisse, Tunisie, Etats Unis…) ont déjà autorisé la vaccination par le pharmacien d’officine.

Avec des résultats à la clé en terme de couverture vaccinale. En Irlande, elle est ainsi passée de 54 % en 2009 à 59 % en 2013. Idem au Portugal, où une hausse significative a également été enregistrée. La présidente de l'Ordre rapporte qu'en général dans les pays qui ont franchi le pas, 15 % des personnes qui viennent en pharmacie n'avaient jamais été vaccinées

Les Français prêts à sauter le pas 

Et les population sont satisfaites de cette délégation de tâches. Cela quelle que soit leur nationalité. Au Portugal notamment, 98 % des personnes interrogées au cours d’une enquête menée en 2008-2009 ont déclaré qu’elles recommanderaient ce service en pharmacie. Le même pourcentage a  souhaité se faire vacciner à nouveau en pharmacie lors de la saison grippale suivante.

L'Irlande fait encore mieux. Là-bas, 100 % des personnes interrogées ont été satisfaites de ce service lors de la campagne 2014-2015. 

Enfin, les Français semblent eux aussi prêts à quitter le cabinet médical pour cet acte. Dans un récent sondage, 9 Français sur 10 indiquaient faire confiance au pharmacien pour vacciner. Et 8 sur 10 se déclaraient favorables à l'autorisation de la vaccination en officine. Pour rappel, 3 000 000 de décès sont évités chaque année dans le monde grâce à la vaccination, selon les estimations de l'OMS.

 

Les conséquences de la non-vaccination 

Dans la 9ème édition des Cahiers de l'Ordre national des pharmaciens certains chiffres clés donnés par l'institution font froid dans le dos. Des décès enregistrés ces dernières années étaient évitables si la population française était mieux vaccinée. 26, c'est par exemple le nombre de décès liés au tétanos survenus en France entre 2005 et 2014.

Par ailleurs, 24 000 cas de rougeole ont été déclarés en France entre 2008 et 2015, ayant entraîné 1 500 pneumopathies graves et 31 encéphalites. Plus rassurant, il y a eu 0 cas de poliomyélite en France depuis 1997 et de variole dans le monde grâce à la vaccination. 


(1) Le comité d’orientation indépendant, présidé par le Pr Alain Fischer et co-présidé par Claude Rambaud, a lancé des jurys de citoyens et de professionnels de santé, dans le cadre de la concertation citoyenne sur la vaccination. Ils se sont réunis à Paris les 8, 9 et 10 juillet prochain puis se réuniront à nouveau les 16, 17 et 18 septembre 2016. 

(2) Source : Baromètre santé, Inpes 2010  

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