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Déclin cognitif accéléré

Seniors : la perte d'audition accélère l'isolement social

Par Anne-Laure Lebrun

Chez les seniors non appareillés, une perte auditive de 10 décibels augmente le risque d'être isolé socialement de 52 %. Elle est aussi associée à un déclin cognitif accéléré. 

oigro/epictura

Dès la cinquantaine, notre audition commence à décliner. Les conversations deviennent difficiles à suivre dans le bruit, nos interlocuteurs ont besoin de se répéter, la télévision et la radio deviennent les pires ennemies de nos oreilles. Si ces difficultés sont le résultat d’un phénomène normal lié à l’âge, une surdité non dépistée ou non traitée favorise l’isolement social et le déclin cognitif, selon une étude canadienne publiée dans la revue Ear and Hearing.

Les chercheurs de l’université de Colombie Britannique (Canada) ont suivi entre 1999 et 2010 plus de 5 000 Américains de 60 à 69 ans. Chaque année, l’audition de ces seniors a été évaluée ainsi que leurs capacités cognitives. Les participants étaient également interrogés sur leurs interactions sociales et leur entourage.

Les résultats révèlent qu’une acuité auditive réduite de 10 décibels, soit le son d’une respiration lente, augmente de 52 % le risque d’être isolé socialement. En outre, l’étude montre que cette légère perte auditive est associée à un déclin cognitif équivalent à 4 ans de vieillissement.


Favoriser le maintien des liens sociaux

« La perte d’audition n’est pas assez considérée comme un enjeu majeur de santé publique, et de ce fait, les ressources de soins santé ne sont pas suffisantes pour mettre en place un dépistage et un accompagnement, déplore le Dr Paul Mick, responsable des travaux. Etant donné que l’isolement social a un impact similaire au tabac ou à l’alcool sur la mortalité, nous devons beaucoup plus nous y intéresser ».

En octobre dernier, une étude française menée pendant 25 ans par l’Inserm avait également montré que les seniors non appareillés présentaient un déclin cognitif majoré par rapport aux seniors portant un appareil auditif ou ceux sans troubles auditifs.
En revanche, aucune différence n’a été observée entre les volontaires appareillés et ceux sans trouble de l'audition. Les chercheurs français avaient alors conclu que le port d’une prothèse auditive permettrait de ralentir le déclin cognitif en restaurant les capacités de communication et en favorisant le maintien des liens sociaux.