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Chez les seniors

Les prothèses auditives contribuent à retarder le déclin cognitif

Une étude française montre que le déclin cognitif est plus important chez participants malentendants non-appareillés que chez ceux portant une prothèse auditive.

Les prothèses auditives contribuent à retarder le déclin cognitif GILE/SIPA

  • Publié 30.10.2015 à 12h01
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En vieillissant, l’ouïe se fait moins fine. Les difficultés à suivre une conversation dans le bruit, le besoin de faire répéter ou d’augmenter le son de la télévision s’installent progressivement. Ce phénomène normal et inéluctable n’est pourtant pas une fatalité. Le port de prothèse auditive de plus en plus sophistiquée permet de restaurer les capacités auditives perdues.

Or, parmi les personnes malentendantes, à peine un tiers serait appareillé. Un manque de prise en charge qui peut gravement nuire à leur santé. Des travaux ont en effet montré que le risque de démence est presque doublé pour une perte auditive légère, triplé pour une perte moyenne et multiplié par 5 pour une perte sévère. Un effet délétère confirmé par une vaste étude française réalisée par l’Inserm, publiée le 20 octobre dernier dans Journal of the American Geriatrics Society.

Un suivi au long cours

Menés pendant 25 ans auprès de 3 772 participants âgés de 65 ans et plus vivant en Gironde et en Dordogne, ces travaux ont permis d’analyser l’effet des troubles auditifs, avec ou sans appareillage, sur l’évolution des fonctions cognitives. Pour ce faire, une psychologue se rendait à leur domicile tous les deux ans, afin d’évaluer leurs performances cognitives, leur langage ou encore leur mémoire.

Au cours de l’étude, près de 2 000 personnes ont rapporté des troubles auditifs modérés à majeurs. Et parmi eux, seulement 150 portaient une prothèse auditive. Les volontaires ne présentant pas de perte de l’audition étaient considérés comme le groupe contrôle.

Les résultats de l’étude mettent en évidence que le déclin cognitif est majoré chez participants malentendants non-appareillés. En revanche, aucune différence n’a été observée entre les volontaires appareillés et ceux sans trouble de l'audition.

Pas de lien direct

Néanmoins, les chercheurs de l’Inserm suggèrent qu’il n’existerait pas de lien direct entre trouble de l’audition et déclin cognitif dans la mesure où les performances cognitives chez les malentendants appareillés sont les mêmes que les entendants.

Ainsi, le port d’une prothèse auditive permettrait de ralentir le déclin cognitif en restaurant les capacités de communication et en favorisant le maintien des liens sociaux. « Ces résultats sont en faveur du dépistage et de la prise en charge des troubles de l'audition », a déclaré le Pr Hélène Amieva, responsable de ces travaux.
Avec d’autres stratégies de prévention telles que l’exercice physique, un régime alimentaire de type méditerranéen, le maintien d’une bonne audition devrait figurer parmi les stratégies de “vieillissement réussi” à promouvoir ».

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