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QUESTION D'ACTU

Rapport de l’OCDE

Pollution atmosphérique : jusqu'à 9 millions de décès prématurés

La pollution de l’air extérieur pourrait entraîner 6 à 9 millions de décès prématurés d’ici 2060 et coûter 1 % du PIB mondial. Ce sont les conclusions d'un nouveau rapport de l'OCDE.  

Pollution atmosphérique : jusqu'à 9 millions de décès prématurés elwynn/epictura

  • Publié 10.06.2016 à 11h22
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« Si nous n’agissons pas, la pollution de l’air extérieur pourrait entraîner 6 à 9 millions de décès prématurés d’ici 2060 et coûter 1 % du PIB mondial – soit quelque 2 600 milliards de dollars par an – en raison des jours de congé de maladie, des frais médicaux supplémentaires et de la baisse des rendements agricoles », c'est l'avertissement lancé par les auteurs du dernier rapport de l’OCDE (1) publié jeudi.

Intitulé « The Economic Consequences of Air Pollution », il évalue que la réduction conséquente de la production économique mondiale à l’horizon 2060 représentera environ 330 USD par personne. Les coûts annuels des soins de santé liés à la pollution atmosphérique atteindraient 176 milliards dollards contre 21 milliards dollars en 2015. Et le nombre de jours de travail perdus pour cause de maladie liée à la pollution de l’air passerait de 1,2 milliard à 3,7 milliards.

Plus de 3 millions de décès en 2010

« Le nombre de vies écourtées en raison de la pollution de l’air est déjà terrifiante, et son augmentation potentielle dans les décennies à venir est effrayante. Si ce n’était pas une raison suffisante pour agir, ce rapport montre que l’inaction aura aussi un coût économique considérable », a déclaré le directeur Environnement de l'OCDE Simon Upton, lors de la 8e Conférence ministérielle « Un environnement pour l’Europe » à Batumi, Géorgie. « Nous devons empêcher que ces projections deviennent une réalité », a-t-il martelé. 

Et il y a urgence. La pollution de l’air extérieur a déjà entraîné plus de 3 millions de décès prématurés en 2010, les personnes âgées et les enfants étant les plus vulnérables. Les projections de l'OCDE impliquent ainsi un doublement, voire un triplement des décès prématurés dus à la pollution de l’air, « soit un décès prématuré toutes les quatre ou cinq secondes  d’ici 2060 », précise l'Organisation dans un communiqué.

L'Inde et la Chine les plus menacées 

Les plus fortes hausses de la mortalité liée à la pollution de l’air sont prévues en Inde, en Chine, en Corée et dans des pays d’Asie centrale comme l’Ouzbékistan, « où la croissance démographique et la congestion des zones urbaines feront qu’un plus grand nombre de personnes seront exposées aux émissions des centrales électriques et aux gaz d’échappement ».

Selon les prévisions, les taux de décès prématurés iraient jusqu’à tripler entre 2010 et 2060 en Chine et seraient multipliés par quatre en Inde. Les taux de mortalité se stabiliseraient en revanche aux États-Unis et baisseraient dans la plupart des pays d’Europe occidentale, « grâce en partie aux efforts déployés pour passer à des sources d’énergie et des modes de transport plus propres ».


Les citoyens mis à contribution 

Et c’est également en Chine (mais aussi en Russie, en Inde, en Corée et dans les pays d’Europe orientale et de la région Caspienne) que les pertes de PIB seraient les plus fortes, « les coûts sanitaires et la baisse de productivité du travail affectant la production ». La mauvaise qualité de l’air frappera plus durement l’économie de la Chine que celle de l’Inde. L'explication des auteurs est que « les différences démographiques et la structure de l’épargne des ménages auront un impact plus important pour l’économie chinoise sur la baisse de productivité du travail et l’augmentation des coûts médicaux ». Des arguments qui vont peut-être relancer les spéculations prédisant que l'Inde deviendra la 3ème puissance mondiale d'ici à 2030 ?

La réduction des rendements agricoles sous l’effet de la pollution de l’air pèsera elle sur les économies de la plupart des pays. À l’exception du Brésil, de la Russie et de  certains pays d’Amérique latine « où les activités agricoles devraient être moins touchées, d’où une meilleure compétitivité à l’exportation et par conséquent des gains économiques ».


Enfin, le rapport examine l’impact négatif de la pollution de l’air extérieur s’agissant du prix que les individus seraient disposés à payer chaque année pour ne pas voir leur santé compromise ou leur vie écourtée par cette pollution. Cette valorisation annuelle hypothétique de la pollution atmosphérique passerait de moins de 500 dollars par personne en 2015 à pas moins de 2 800 dollars en 2060.


(1) L'Organisation de Coopération et de Développement Économiques

 

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