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QUESTION D'ACTU

Contrôleur des lieux de privation de liberté

Un rapport accablant sur les hôpitaux psychiatriques

Dans son dernier rapport, le contrôleur général des lieux de privation de liberté dénonce les pratiques de contention et d’isolement imposées dans les hôpitaux psychiatriques.  

Un rapport accablant sur les hôpitaux psychiatriques Epictura/Sudok1

  • Publié 25.05.2016 à 16h26
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Le constat est alarmant. Dans un rapport publié ce mercredi, le contrôleur général des lieux de privation de liberté (CGLPL) dresse le bilan des dérives des hôpitaux psychiatriques français. Atteintes aux droits fondamentaux des patients, non-respect de leur intimité, prise en charge médical bâclée… Les mises en cause sont nombreuses. Depuis 2008, date de sa création, le CGPL a rendu 112 visites dans des structures de santé mentale. Soit 40 % des hôpitaux psychiatriques recensés en France. 

 

Abus du recours à l’isolement et la contention 

Les équipes du CGPL se sont penchées sur le recours à l’isolement et à la contention. L’isolement, considéré par la Haute Autorité de Santé comme « un soin à part entière » est une pratique courante dans les établissements de santé. Il vise à « placer, sur décision d’un médecin ou d’un soignant, le patient dans un espace fermé qu’il ne peut ouvrir », précise la CGPL.
La contention, elle, fait à appel à l'usage de matériel mécanique - liens, attaches, camisoles - pour immobiliser un patient.

Ces pratiques devenues courantes sont pointées du doigt. Le constat est clair : « Alors même que leur efficacité thérapeutique n’est pas formellement prouvée, les pratiques de mise à l’isolement ou sous contention connaissent une recrudescence depuis une vingtaine d'années », dénonce le CGPL dans son rapport. Certains malades en situation de « crise ne bénéficieraient pas toujours », lorsqu’ils sont placés à l’isolement, « d’un examen médical qui doit pourtant être réalisé immédiatement afin d’éliminer une contre-indication ».
Le CGPL rapporte que les chambres ou pièces dédiées à l’isolement des patients ne seraient aucunement pourvues de sonnette d’alarme. Et quand elles en sont équipées, les patients ne peuvent pas les atteindre, puisqu’ils sont immobilisés par des liens de contention. Certains resteraient donc démunis, condamnés à attendre le passage d’un infirmier, et cela même dans les cas de malaises graves.
« Les patients enfermés ne disposent d’autre moyen pour faire appel aux soignants que de taper à la porte ou de crier, parfois vainement - "on ne les entend pas forcement’’ a raconté un soignant », résume le CGPL. 

Le CGPL recommande d’ailleurs depuis 2009 que le recours à l’isolement ou à la contention soit « consigné dans un registre spécifique », afin d’éviter toute dérive. C’est finalement en janvier dernier que cette recommandation a fait l’objet d’une loi. 

 

La dignité des patients bafouée 

Autre constat préoccupant, le droit à l’intimité serait bafoué. Dans certaines structures, des caméras de vidéo-surveillance ont été installées dans les chambres d’isolement. « Dans certains cas, en fonction de leur charge de travail, plutôt que se déplacer auprès de la personne isolée, les infirmiers se contenteront de vérifier son état à distance », dénonce le CGPL. Et dans la majorité des cas, les caméras filment également les sanitaires… « supprimant toute intimité au patient qui peut être ‘’visionné’’ dans ses gestes les plus intimes », poursuit le CGPL.

Selon l’organisme, des caméras thermiques et des microphones seraient également installés, pour scruter les faits et gestes des malades. Autre fait accablant, dans des chambres d’isolement dépourvues de sanitaires, les patients « sont dans l’obligation d’utiliser une chaise percée ou un seau hygiénique. Le fait que certains patients soient maintenus attachés sur leur lit sans système d’appel peut les mettre dans une situation où ils n’ont parfois pas d’autre possibilité que de faire leurs besoins naturels sur eux », fustige le rapport. Des expériences très fréquemment perçues comme humiliantes pour les malades. 

 

 

 

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