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QUESTION D'ACTU

Conflit syrien

Alep : le dernier pédiatre de la ville tué dans un bombardement

L'attaque aérienne de l'hôpital d'Al-Qods à Alep a coûté la vie au Dr Muhammad Wassim Maaz. Il était le dernier pédiatre dans la ville syrienne.

Alep : le dernier pédiatre de la ville tué dans un bombardement  The Syria Campaign - Dr Hatem

  • Publié 30.04.2016 à 12h45
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Malgré la trêve, l’hôpital d’Al-Qods dans le sud d’Alep a été la cible d’un bombardement aérien de l’armée syrienne ce mercredi. Cet établissement de 34 lits était le principal centre de soins pédiatriques de la ville.

Une cinquantaine de personnes ont été retrouvées mortes dans les décombres, selon l’ONG Médecins Sans Frontières (MSF) qui soutenait l’établissement. Parmi ces victimes, le Dr Muhammad Wassim Maaz, le dernier pédiatre de la ville, s’émeut la communauté internationale.

Pour le Dr Hatem, directeur d’un des derniers hôpitaux pour enfants d’Alep, le Dr Maaz « était le pédiatre le plus qualifié de la ville ». Il a dédié sa vie à ses patients et à cette ville tenue par les rebelles syriens. « Il travaillait le jour à l’hôpital pour enfant et la nuit il allait à l’hôpital d’Al-Qods pour s’occuper des urgences », a-t-il écrit, dans une lettre relayée par WorldPost dès le lendemain de sa mort.

 


« Une violation flagrante du droit humanitaire »

Quelques jours avant cette frappe aérienne, un bombardement a eu lieu à 200 mètres de l’hôpital, raconte le médecin. « Lorsque les raids se sont intensifiés, l’équipe médicale a descendu les couveuses au rez-de-chaussée pour les protéger. Comme tant d’autres, le Dr Maaz est mort pour avoir sauver des vies », s’indigne le Dr Hatem.

Le pédiatre est décrit comme un homme doté d’un grand sens de l’humour et l’un des médecins le plus apprécié de l’hôpital. Il devait se rendre en Turquie où sa famille était partie se réfugier. « Il ne l’avait pas vu depuis 4 mois », déplore son ami, lui aussi parti en Turquie.

Depuis le début du conflit syrien, les hôpitaux et les cliniques sont une cible de choix pour l’armée syrienne et ses alliés. « Ces attaques nous rappellent les énormes difficultés et dangers auxquels font face les professionnels de santé en Syrie. Ils méritent bien plus que notre admiration. Ils méritent une meilleure protection, ont martelé le Dr Margaret Chan, la directrice générale de l’Organisation Mondiale de la santé (OMS) et Anthony Lake, le directeur général de l’UNICEF dans un communiqué de presse commun. Ces attaques ne sont pas seulement une violation flagrante du droit humanitaire international, elles privent les familles des soins de santé essentiels dont elles ont le plus besoin ».

L’année dernière, une soixantaine d’hôpitaux, de cliniques et de dispensaires soutenus par MSF ont été visés par des bombardements et des tirs de roquettes en Syrie.

Kunduz : l’attaque n’est pas un crime de guerre pour les Etats-Unis

Le bombardement aérien par l’armée américaine d’un hôpital tenu par l’ONG Médecins Sans Frontières (MSF) à Kunduz en Afghanistan, n’est pas un « crime de guerre », selon le rapport d’enquête militaire présenté ce vendredi par le général Joseph Votel, commandant du centre opérationnel de l’armée américaine (Centcom).

Pour l’armée américaine, l’attaque qui a fait 42 morts, dont 14 employés de MSF, et 37 blessés est le résultat d’une succession « d’erreurs humaines non intentionnelles, des erreurs de procédure et des défauts d’équipement ». La fatigue liée au « rythme élevé des opérations » est aussi une explication avancée par le Pentagone.

Pour MSF, les conclusions de ce rapport sont loin d’être à la hauteur de la tragédie, l’une des attaques américaine les plus meurtrières contre des civils. « Elles reviennent à dire qu’une opération militaire hors contrôle aurait été menée dans une zone urbaine densément peuplée, lors de laquelle les forces américaines ne seraient pas parvenues à suivre les règles de base de la guerre , a déclaré Meinie Nicolai, présidente de MSF. Il est incompréhensible que dans les circonstances décrites par l’armée américaine, l’attaque n’ait pu être avortée. »

L’ONG ajoute que, dans ces circonstances,  ce rapport des forces américaines n’est pas suffisant, et continue à demander que la Commission internationale humanitaire puisse mener sa propre investigation. 

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