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Calendrier vaccinal

Semaine de la vaccination : les rappels souvent oubliés par les adultes

Par Audrey Vaugrente

Un adulte sur deux n'est pas protégé contre la diphtérie, la polio et le tétanos. Des oublis vaccinaux qui peuvent avoir de lourdes conséquences sur sa santé et celles des proches.

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Entre vaccins obligatoires et recommandés, il y a de quoi se perdre dans le calendrier vaccinal français. A l’international, la situation n’est pas plus simple. Et pourtant, maintenir son carnet de vaccination à jour est essentiel pour se protéger de certaines maladies infectieuses. C’est aussi la seule manière d’éradiquer certains virus de la surface de la Terre. A l’occasion de la Semaine mondiale de la vaccination, l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS) insiste sur ce point. Les autorités sanitaires françaises rappellent également l’importance d’une bonne couverture vaccinale.

Les enfants bien protégés

En France, les nourrissons sont plutôt bien protégés contre les maladies infectieuses. L’Institut de Veille Sanitaire (InVS) avait noté une baisse du recours à la vaccination au début de l’année 2015. Mais ce retard a été rattrapé dans les mois suivants, révèle-t-il à présent. Effet inattendu de la pénurie de vaccins à 5 valences, habituellement distribués, la protection contre l’hépatite B a même augmenté. Elle atteint ainsi 96 % chez les nourrissons.

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Dr Daniel Lévy-Bruhl, épidémiologiste à l’InVS : « Dans le contexte de tensions d’approvisionnement, il y a eu un certain report de la vaccination. Voyant que la situation perdurait, ils ont continué avec le vaccin disponible. »

 

Des adultes peu sérieux

Dès l’adolescence la couverture vaccinale commence à chuter, alors que les comportements à risque se multiplient. Le décalage est particulièrement flagrant dans la protection contre les méningocoques de groupe C : 70 % des nourrissons sont protégés contre seulement 23 % des 15-19 ans et 5,4 % des 19-24 ans.

La vaccination contre diphtérie, polio et tétanos (DT polio) est obligatoire jusqu’à 13 ans. La couverture vaccinale chute fortement ensuite. « Notre enquête de 2012 montre qu’on assiste à une stabilité par rapport à la décennie précédente, explique Daniel Lévy-Bruhl. Un adulte sur deux seulement est à jour dans ses vaccinations. » L’épidémiologiste espère que le nouveau schéma, instauré en 2013, améliorera les choses. Il fixe en effet les rappels à un âge fixe : 25, 45 et 65 ans, puis tous les 10 ans. 

Les voyages compliquent la tâche

Ces oublis peuvent poser problème lorsqu’il s’agit de quitter l’Europe. Au sein des centres de vaccinations internationales, les médecins vérifient le carnet de santé tant que faire se peut. Ce document fait partie des papiers demandés, avec la carte d’identité. « Si la personne vient sans document, ce qui arrive assez fréquemment en raison d’un oubli ou d’une perte, on peut toutefois tenter de dépasser ce problème », détaille le Dr Philippe Simian, médecin directeur du Centre de vaccinations internationales d’Air France. La première étape consiste à faire appel aux souvenirs du voyageur. Selon les réponses, des rappels peuvent être prescrits et des premières vaccinations établies.

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Dr Philippe Simian, médecin directeur du centre de vaccinations internationales Air France : « Si la personne ne se souvient plus d’avoir été vaccinée contre les hépatites A ou B, on peut demander une sérologie. »


Les vérifications de base concernent le DT-Polio et le calendrier vaccinal français. Dans certaines zones, en Afrique intertropicale et en Amérique latine, le vaccin contre la fièvre jaune est également imposé. « La méningite tétravalente est obligatoire pour le pèlerinage à La Mecque, précise aussi le Dr Simian. Sans cette vaccination, le visa n'est pas délivré. » En dehors de cela, les vaccins sont vivement recommandés, mais exigibles aux frontières.

Ecoutez...
Dr Philippe Simian : « L’homme d’affaire qui passe deux jours en Afrique pour une conférence et qui fera des trajets entre l’hôtel et le palais des congrès aura des conseils différents de l’humanitaire qui part six mois en Inde. »