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Annonce de l'ARS Océan Indien

Virus Zika : premier cas importé sur l'île de la Réunion

Par Anne-Laure Lebrun

La Réunion rapporte la présence d'un premier cas importé sur son territoire. Du fait de l'omniprésence du moustique Aedes, le risque de propagation est réel. 

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Un premier cas importé de Zika a été confirmé à la Réunion ce jeudi par l’Agence régionale de santé (ARS) Océan Indien. Il s’agit d’une personne ayant séjourné en Martinique, où sévit actuellement une épidémie de fièvre Zika.

La personne aurait déclaré les symptômes (fièvre, éruptions cutanées, courbatures) à son retour à la Réunion le samedi 5 mars. Le jour même, le patient a été hospitalisé au CHU de l’île. Un prélèvement sanguin a été réalisé et les tests effectués ont confirmé le diagnostic. 

« Au regard des échanges nombreux et réguliers de personnes entre la Réunion et les territoires touchés par une épidémie, et notamment aux Antilles et en Guyane, le signalement d’un ou plusieurs cas importés de Zika en provenance de zones d’épidémie était prévisible », relève l’ARS Océan Indien.


Un risque de propagation réel

Pour Anna-Bella Failloux, entomologiste et responsable de l’unité Arbovirus et Insectes Vecteurs à l’Institut Pasteur, le risque de circulation autochtone du virus l’est également, du fait de l’omniprésence du vecteur. « Seul le moustique Aedes albopictus, est présent à la Réunion. Celui-ci est réceptif au virus. Il peut donc le transmettre à l’homme, explique à Pourquoidocteur la spécialiste. Il faut donc circonscrire rapidement le foyer afin de limiter le risque de transmission ».

De plus, le moustique est actuellement actif. Au mois de février, une intensification du nombre de cas de dengue – virus lui aussi transmis par le moustique Aedes – a été observée sur l’île. L’ARS a donc mis en œuvre des mesures de prévention et de confinement. « Des interventions de lutte anti-vectorielle ont été réalisées par l’ARS autour du lieu de résidence de ce patient, en transit et qui a quitté la Réunion depuis », précise-t-elle.

L’Agence rappelle également aux voyageurs ayant séjourné dans des zones touchées par le virus l’importance de se protéger des piqûres de moustiques pendant au moins 10 jours suivant la date de retour. L’utilisation de répulsif et le port de vêtements longs est le moyen le plus simple et le plus efficace. Par ailleurs, en cas d’apparition de symptômes, il ne faut pas hésiter à consulter un médecin, en particulier pour les femmes enceintes.


De graves complications neurologiques

Si la majorité des cas d’infection par le virus Zika sont sans gravité, des complications neurologiques chez les malades et les enfants à naître ont été décrites au Brésil et en Polynésie française.
Selon les dernières données des autorités brésiliennes, 4 976 bébés sont nés avec une microcéphalie. Le lien avec le virus Zika a été confirmé pour 745 d’entre eux. Une explosion du nombre de cas de Guillain-Barré est également rapportée dans ces pays ainsi que la Colombie.

« Cette situation implique en cas d’épidémie une vigilance particulière notamment pour les femmes enceintes », conclut l’ARS Océan Indien. Mardi 9 mars, l’OMS a déconseillé aux femmes enceintes de se rendre en Amérique du Sud et dans les Caraïbes. La France a également émis cette recommandation fin janvier.