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Vecteur de la dengue, du chikungunya et de Zika

Lot-et-Garonne : des chauves-souris pour chasser les moustiques tigres

Par Anne-Laure Lebrun

La ville de Marmande veut enrayer la prolifération du moustique tigre en favorisant la réintroduction des chauves-souris.

SUPERSTOCK/SUPERSTOCK/SIPA

Dans le règne animal, il existe une règle simple : manger ou être mangé. Un principe qui permet à la flore et la faune de trouver leur équilibre. Or, l’urbanisation l’a quelque peu perturbé : les proies n’ont plus de prédateurs et peuvent donc proliférer sans crainte. C’est l’une des raisons pour lesquelles le moustique tigre a pu élire domicile dans 30 départements du sud de la France (voir la carte ci-dessous).

La ville de Marmande, dans le Lot-et-Garonne, en a bien conscience. Pour enrayer l’expansion de cet insecte nuisible, la mairie a décidé de réintroduire des chauves-souris, racontent nos confrères de Sud-Ouest.
Sur le papier, ces animaux nocturnes présentent en effet toutes les qualités. Ils seraient capables d’ingurgiter près de 4 000 moustiques par jour ! Et surtout, ils les attaqueraient à la tombée de la nuit au moment où les insectes sont le plus vulnérables.


Une espèce menacée

Mais dans la réalité, ces chiroptères ont déserté la région. Une étude du ministère de l’Environnement révèle que le Lot-et-Garonne compte parmi les départements ayant les plus forts taux de chauves-souris menacées d’extinction. « Il en reste dans les campagnes. Mais en milieu urbain, elles ne trouvent pas suffisamment de calme », reconnaît Daniel Benquet, le maire de Marmande. Il faut donc les aider à y revenir. Il est important de les réintroduire. »

Alors depuis un mois, les services techniques de la commune s’activent pour fabriquer 100 abris apportant protection et chaleur à ces mammifères. Un étudiant en master 2 de Biologie de l’environnement à l’université de Bordeaux devrait prochainement venir en renfort. Spécialistes des cycles de vie des 2 espèces, il aidera à l’implantation des abris.

Pour la mairie, ce projet s’inscrit dans « un plan de développement durable impliquant le moins de nuisances possibles pour les habitants ». Il vient également compléter la lutte anti-vectorielle menée depuis plusieurs années contre ce moustique.      « C’est simple, nous faisons 2 traitements (chimiques, ndlr) annuels. Leur efficacité est de 5 jours chacun », explique le maire de Marmande. Durant le reste de l’année, le vecteur du virus de la dengue, du chikungunya et de Zika peut donc proliférer à son aise.


Résultats l'été prochain

En période hivernale, le moustique tigre n’est pas en activité. Ses larves hibernent. Mais dès le printemps, les premières chaleurs les réveilleront. Elles entreront alors en maturation et deviendront des moustiques adultes se nourrissant de sang humain. Le risque de transmission de ces maladies infectieuses sera alors réel.

Si certains doutent de l’efficacité des chauves-souris, la commune de Marmande est plus optimiste. « Les chauves-souris s’approprieront rapidement ces nichoirs », assure le maire. Seule l’expérimentation permettra de juger.