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Chez les femmes à risque

Grossesse : un test sanguin permet de prédire la prééclampsie

Par Anne-Laure Lebrun

Un test sanguin permettrait d'identifier précocément les femmes enceintes à risque de développer une prééclampsie. Il permet aussi de prédire les complications pour la mère et le foetus. 

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Chaque année en France, 40 000 femmes enceintes sont atteintes de prééclampsie. Cette pathologie de la grossesse est caractérisée par une hypertension artérielle associée à une élévation de la quantité de protéines présentes dans les urines.

Ces manifestations peuvent s’accompagner de violentes céphalées, de troubles ou encore des vomissements. Des œdèmes et une prise brutale de poids sont aussi des signes d’alerte.

Bien que cette complication se traite facilement, elle est tout de même responsable d’un tiers des naissances prématurées et est la seconde cause de décès maternels en France. En cause : un diagnostic souvent trop tardif qui retarde le début de la prise en charge.

Aussi, des chercheurs tentent depuis plusieurs années de dépister précocement les femmes à risque. Une recherche qui porte aujourd’hui ses fruits. En effet, une équipe européenne vient de montrer qu’un test sanguin pouvait identifier les femmes à risques de développer une prééclampsie. Ils publient leur découverte dans le New England Journal of Medicine.


Un dépistage précoce

Ce test sanguin s’appuie sur l’évaluation d’un ratio entre 2 protéines produites par le placenta et qui se retrouve ensuite dans la circulation sanguine de la mère. Ces molécules, sFlt-1 et PlGF, jouent un rôle crucial dans le développement de ce syndrome.

Pour valider l’efficacité de ce test, les chercheurs ont mené un essai clinique dans 14 pays différents. Plus de 1 270 femmes à haut risque de prééclampsie (obésité, grossesses multiples, antécédent familiaux...) ou présentant les premiers symptômes ont pris part à cette étude.

Selon les résultats, un rapport égal ou inférieur à 38 est une valeur prédictive proche de 100 %. Pour ces femmes enceintes, la prééclampsie apparaîtrait dans la semaine suivant le test. Dans le cas où le rapport est supérieur à 38, les femmes pourraient être touchées par ce syndrome dans les 4 semaines suivantes. Celui-ci prédit également un risque de complications pour la mère et l’enfant.

« Le problème majeure avec la prééclampsie est que la présentation clinique est variable et les symptômes sont souvent non spécifiques, ce qui ne permet pas de faire un diagnostic clair, souligne le Dr Stefan Verlohren, responsable de ces travaux. Le rapport sFlt-1/PlGF peut nous aider à mieux prédire l’apparition de la maladie ou ses complications. Grâce à cela, nous pourrons éviter les naissances prématurées et les retards de traitement. Mais plus important encore, nous avons maintenant un test pouvant détecter de manière fiable la présence de cette maladie avant l'apparition des symptômes, ce qui va considérablement réduire l’anxiété des mères. »