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Etude française

L’anxiété permet de réagir plus vite face au danger

Par Julie Levallois

Être anxieux n'est pas toujours un handicap : face à des menaces, cela permet de réagir plus vite. Les régions cérébrales responsables de l'action sont activées.

Chameleons Eye/REX Shut/SIPA

L’anxiété peut avoir du bon ! Face à une menace, ce trait de caractère est même très utile. Une étude de l’université Pierre et Marie Curie (Paris) démontre que les anxieux réagissent plus vite face aux visages exprimant un danger. Les résultats viennent d’être publiés dans la revue en ligne eLife.

 

Des régions différentes

24 volontaires en bonne santé mentale ont accepté de prendre part à ces recherches. Ils ont été placés face à un écran qui leur présente des visages expressifs ou neutres. Certains présentent la même expression, mais leur regard n’est pas tourné dans la même direction. 1080 essais ont été menés, durant lesquels les participants ont dû décrire le sentiment associé à chaque figure. Durant tout ce temps, les signaux électriques émis par leur cerveau ont été enregistrés.

Le cerveau humain est capable de détecter une menace en 200 millisecondes. Cette étude montre que, selon l’état d’esprit d’un individu, les zones activées ne sont pas les mêmes. Chez une personne d’un naturel détendu, ce seront les circuits sensoriels – responsables de la reconnaissance des visages – qui seront stimulés par les signaux menaçants. Un anxieux, en revanche, présente une activation accrue des régions responsable de l’action.

L’importance du regard

Un élément rassemble toutefois les tempéraments : les signes qui déclenchent ce « sixième sens ». A expression équivalente, le temps de réaction ne sera pas le même. En cause : le regard. « Dans une foule, vous serez plus sensibles à la personne en colère qui vous regarde, et vous ferez moins attention à celle qui regarde ailleurs », explique Marwa El Zein, co-auteur de l’étude. Cela se traduit, dans le premier cas, par un temps de réaction raccourci. Le processus est inverse face à une personne effrayée. Son regard fixe dans une direction active les signaux du danger bien plus vite.

Les émotions positives, elles, ne suscitent pas ce type de réaction. En effet, le cerveau consacre bien plus de ressources aux menaces qu’aux autres situations sociales. Ce serait la conséquence d’un mécanisme de survie, selon les chercheurs.