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QUESTION D'ACTU

Mécanismes cognitifs

Cerveau : comment nous jugeons les autres

Lorsque nous jugeons les actions des autres, certaines zones du cerveau sont activées. Des chercheurs les identifient et expliquent comment cela influence notre vision des actes d'autrui. 

Cerveau : comment nous jugeons les autres PURESTOCK/SIPA

  • Publié 06.12.2015 à 13h49
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C'est un fait : nous sommes plus rapides à juger les autres pour leurs mauvaises actions et à leur faire des reproches, que pour reconnaître lorsqu'ils font quelquechose de positif. Par ailleurs, lorsque les actes d'un individu ont des conséquences négatives, nous pensons souvent qu'il l'a fait exprès. 

Cette attitude moralisatrice est bien ancrée dans nos systèmes sociaux, politiques et juridiques. Par exemple, lors d'un procès, la personne sera jugée sur les faits, mais aussi sur ses intentions, à savoir si elle avait l'intention de nuire. 

D'où ces attitudes nous viennent-elles? Une équipe de l'université de Duke, aux Etats-Unis, montre qu'elles ne sont pas uniquement le fruit de notre culture ou de notre système moral, mais qu'elles proviennent de mécanismes cognitifs bien particuliers. Ils ont identifié les zones du cerveau responsable de nos capacités de jugement d'autrui, qu'ils décrivent dans une publication parue dans la revue Scientific Reports. 

 

Emotions vs raison 

A l'aide de scans cérébraux, les chercheurs montrent que lorsque l'on raconte une histoire à un individu, et que celui ci juge que les actions des personnages méritent des reproches, une région du cerveau est activée.

Il s'agit de l'amygdale, très fortement liée au contrôle des émotions. Plus l'histoire affecte la personne, plus l'amygdale est sollicitée, d'après les résultats obtenus par les chercheurs. 

A l'inverse, lorsque les actions des personnages de l'histoire sont jugées positives, l'amygdale est beaucoup moins active. Les scientifiques expliquent que c'est parce que l'individu est alors plus rationnel, estimant que l'action positive n'est peut être que le résultat de d'autres actions intéressées.

Les chercheurs donnent l'expemple d'un patron d'entreprise qui mettrait en place un programme en faveur de l'environnement, non pas pour le protéger, mais parce que cela lui rapporte des bénéfices économiques. Face à cette situation, les individus estiment que le patron ne mérite pas de gratitude, même si son action positive. 

 

Réfléchir à la justice

D'après l'équipe de chercheurs, ces travaux sont importants, dans la mesure où ils permettent de mieux comprendre comment les individus se jugent mutuellement, et sur quels critères ils estiment qu'une action commise par leurs pairs est intentionnelle.

Ces mécanismes cognitifs sont à prendre en compte dans le cadre de procès criminels pour comprendre les déterminants d'un acquittement ou d'une condamnation. Ils peuvent conduire à une réflexion sur le fonctionnement de nos systèmes de justices, d'après les auteurs de la publication. 

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