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Dr Daniel Lévy-Bruhl

Grippe : « Il est rare qu’une épidémie démarre lors des vacances »

Par Audrey Vaugrente

Le virus de la grippe se fait discret en cette fin d'année 2015. Mais il est courant que le seuil épidémique soit franchi en janvier, voire en février.

GILE MICHEL/SIPA

Les températures douces de ce mois de décembre inquiètent écologistes et climatologues. Elles auront au moins fait plusieurs heureux : ceux qui craignaient l’arrivée de la grippe. La campagne de vaccination a officiellement démarré le 12 octobre et le réseau de surveillance GrippeNet a été activé. Mais alors que l’année 2015 s’achève, le virus se fait discret.

 

Des températures douces

Les syndromes grippaux ne représentent même pas 2 % des consultations enregistrées par SOS Médecins. Hôpitaux et consultations de ville mélangées, 160 virus ont été identifiés depuis fin septembre. La grippe tarderait-elle à s’installer ? Pas vraiment. « La situation n’est pas exceptionnelle. Il arrive fréquemment que le seuil épidémique soit franchi en janvier ou février », tempère le Dr Daniel Lévy-Bruhl, coordinateur de l’unité des maladies à prévention vaccinale à l’InVS (1).

L’hiver 2015-2016 est particulièrement doux et favorise la faible circulation du virus de la grippe. « Les gens sont moins confinés, ils sortent davantage, détaille le Pr Jean-Paul Stahl, infectiologue au CHU de Grenoble. De plus, le froid induit une immunodépression locale. Lorsque les températures sont douces, les gens sont mieux protégés. »



En hausse dans le Sud-ouest

Lors de la saison 2014-2015, l’épidémie a été déclarée début février. Entre 2011 et 2013, c’était le cas en janvier. Comme le précise le Dr Lévy-Bruhl, « il est rare qu’une épidémie démarre lors des vacances de fin d’année. » Et pour cause : les congés scolaires réduisent les échanges entre individus.

Pourtant, en Languedoc-Roussillon et en Midi-Pyrénées, l’Institut de Veille Sanitaire note une légère hausse du nombre de cas – sans que le seuil épidémique ne soit franchi. La tendance doit être confirmée à la rentrée, mais « une fois que certaines régions sont infectées, cela circule vite, explique Daniel Lévy-Bruhl. Si la tendance se confirme dans le Sud, on risque de voir le virus s’installer en France. »

Le faible nombre de cas empêche toute prévision de la part des épidémiologistes. La répartition des différentes souches, la virulence de ces dernières sont autant de facteurs qui peuvent influencer le cours d’une épidémie. « Il est difficile de prévoir quand elle va démarrer et si elle sera grave », explique Jean-Paul Stahl. Dans ces conditions, se vacciner en prévention reste un geste utile, particulièrement pour les personnes à risque.

 

(1) InVS : Institut de Veille Sanitaire