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112 : les pompiers plaident pour un numéro d'urgence unique

Par Stéphany Gardier

Le 112 est le numéro d’urgence que composent nombre de nos voisins européens lorsqu’ils ont besoin de l’intervention de policiers, médecins ou pompiers. En France, selon le cas, vous devez encore composer le 17, le 15 ou le 18. Une situation obsolète que dénoncent les sapeurs-pompiers français, réunis cette semaine pour le congrès annuel de leur Fédération nationale.

Pour le colonel Eric Florès, qui livre son point de vue dans La Croix, il est grand temps que la France s’aligne sur ses voisins. Nous avons dans l’Hexagone le choix entre 10 numéros d’appel d’urgence – dont le tout nouveau 196 pour les secours maritimes ! – gérés par pas moins de 450 centres d’appels ! C’est trop pour le militaire, qui commente : « Tout le monde s’y perd ». Pour appuyer le propos, il rappelle qu’en Australie, ce sont deux seuls centres qui gèrent les appels des habitants de ce pays-continent…

La demande des sapeurs-pompiers est motivée par une volonté de mutualisation des moyens et des interventions, dans laquelle « toutes les corporations concernées s’y retrouveraient ». Une initiative plus que bienvenue, selon eux, dans un contexte où des économies sont sans cesse demandées. D’ailleurs, le président de la Fédération nationale des sapeurs-pompiers de France, Eric Faure, interviewé par l’AFP, n’y va pas par quatre chemins : « Nous n'avons plus les moyens de gérer tous ces centres ». Actuellement, les pompiers doivent assurer le fonctionnement d’un centre d’appels par département, soit près d’une centaine. Avec le 112, « il pourrait n’y avoir en France qu’une dizaine de centres d’appels », estime Eric Florès.

La mesure devrait aussi bénéficier aux usagers, qui pourraient être secourus de manière plus efficace. Le passage au numéro unique pourrait notamment être l’occasion de déployer la géolocalisation, selon Eric Faure, une avancée majeure qui permettrait de gagner un temps précieux pour les interventions. Mais qui dit mutualisation, dit entente entre les corporations, et si en 2015, la France n’a toujours pas passé le pas du 112, c’est peut-être qu’il n’est pas si facile d’accorder les violons des médecins, pompiers et policiers ?

La proposition pourrait cependant être soutenue par le ministre de l’Intérieur, qui avait lancé au début de cette année une réflexion sur la mutualisation des plateformes d’urgence. Bernard Cazeneuve, qui doit prendre la parole ce week-end, au congrès de la Fédération, pourrait apporter une première réponse à la demande des sapeurs-pompiers, peut-être sous la forme d’une expérimentation dans la région Centre, croit savoir Le Figaro.