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Hépatite C : la 1ère infection virale chronique du foie qui peut guérir

Hépatite C : la 1ère infection virale chronique du foie qui peut guérir

Publié le 12.10.2015
Mise à jour 16.10.2015
Hépatite C : la 1ère infection virale chronique du foie qui peut guérir
© 123RF-Jarun Ontakrai

L’hépatite C est une infection virale du foie qui se transmet par voie sanguine. Longtemps silencieuse, l’hépatite chronique C peut provoquer à terme une cirrhose et un cancer primitif du foie. Des traitements antiviraux permettent désormais d’obtenir une guérison dans plus de 90 % des cas.

Hépatite C : COMPRENDRE

Des mots pour les maux

L’hépatite C est une infection virale le plus souvent chronique du foie dont l’évolution est généralement silencieuse jusqu’au stade des complications. La coloration en jaune de la peau et des conjonctives des yeux (jaunisse) est appelée « ictère » par les médecins. Elle est rare au cours de l’hépatite C. Elle est liée à la destruction des cellules du foie (« cytolyse ») qui aboutit au relargage de la « bilirubine » dans le sang. Le virus de l’hépatite C (VHC) est un virus à ARN qui se transmet essentiellement aujourd’hui par partage d’objets contaminés par une personne infectée (seringues des toxicomane, tatouages…).
Avant les mesures de dépistage et de stérilisation spécifiques, le principal mode de contamination était la transfusion sanguine et la chirurgie. La contamination sexuelle est rare, sauf en cas de co-infection avec un Herpes-virus le VIH. L’hépatite C entraîne essentiellement une maladie chronique du foie qui peut être la cause d’une cirrhose et aboutir à un cancer primitif du foie (« hépatome »). L’hépatite fulminante (insuffisance hépatique aiguë) est rare, mais elle est alors associée à une mortalité élevée. Il s’agit d’une réaction immunitaire excessive de l’organisme contre les cellules infectées du foie ainsi que celles qui ne sont pas infectées.

Qu'est-ce que l'hépatite C ?

L'hépatite C est une infection du foie qui est provoquée par le VHC. Le VHC est un virus à ARN de la famille des flavivirus. Ce virus peut survivre en dehors du corps pendant au moins 7 jours, à la surface des meubles ou sur des objets. Au cours de cette période, le virus est encore capable de provoquer une infection s’il pénètre dans le corps d’une personne non vaccinée.
Le virus se transmet essentiellement par voie sanguine et c’est le sang qui va l’acheminer ensuite vers sa cible, le foie, où il se multiplie à l’intérieur des cellules de cet organe (« hépatocytes » et « cellules de Kupffer »).
L'infection provoque donc des lésions inflammatoires et des altérations des cellules du foie, qui aboutissent à leur destruction (« cytolyse ») par le système immunitaire. La régénération des cellules du foie est permanente, mais peut être dépassée par la destruction immunitaire et être rendue inefficace par la fibrose du foie qui aboutit à la cirrhose.
Ce n’est pas le virus qui détruit les cellules, mais la réaction de défense immunitaire de l’organisme. Dans de rares cas, cette réaction immunitaire peut dépasser ses objectifs (détruire uniquement les cellules infectées) pour détruire complètement le foie (hépatite fulminante) et conduire au décès (sauf greffe).
Dans la plupart des cas après la contamination, aucun signe clinique n’est apparent pendant la phase d’infection aiguë de l’infection, en dehors d’une fatigue assez banale et peu spécifique de l’hépatite. Certaines personnes peuvent se plaindre à cette période de signes invalidants qui peuvent persister plusieurs semaines : jaunissement de la peau et des yeux (ictère), coloration sombre des urines, fatigue extrême, nausées, vomissements et douleurs abdominales diffuses..
Seulement 20 % des personnes infectées par le VHC seraient capables d’éliminer spontanément le virus lors de cette infection aiguë. Les autres vont voir se développer une infection chronique qui est le plus souvent silencieuse pendant 10 à 20 ans, jusqu’au stade des complications. L’hépatite C entraîne donc essentiellement une infection chronique du foie qui peut être la cause d’une fibrose réactionnelle (cirrhose) et aboutir à un cancer primitif du foie (« hépatome »).

Combien existe-t-il d’hépatites virales ?

À ce jour, au moins cinq virus capables de provoquer une infection et une inflammation du foie ont été identifiés. Ces virus sont désignés par les lettres A, B, C, D et E, et diffèrent par leur mode de transmission et leur agressivité.
Le virus de l’hépatite A se transmet par contamination « manu-portée » (contamination des objets et des eaux par les selles des malades). Il donne des hépatites aiguës mais pas d’hépatites chroniques.
L’hépatite B se propage par exposition de la peau ou des muqueuses (micro-écorchures) et par le biais de la salive, des écoulements menstruels ou des sécrétions vaginales et du sperme. Il donne des hépatites aiguës et des hépatites chroniques.
Le virus de l’hépatite D n’atteint que les personnes déjà contaminées par le virus de l’hépatite B.
Le virus de l’hépatite E a un mode de contamination très voisin de celui de l’hépatite A.

Comment peut-on attraper une hépatite B ?

Historiquement, le virus de l’hépatite C se transmettait principalement lors des transfusions sanguines, des interventions chirurgicales ou des gestes médicaux invasifs. Maintenant que le dépistage et la prévention de la transmission du VHC sont strictement organisés en France et dans les pays développés, le principal mode de contamination passe par le partage de matériel infecté entre usagers de drogues (seringues…) ou lors d’autres procédures comme les tatouages.
Mais, lors des voyages dans des pays non développés, la transmission reste possible lors des transfusions sanguines (accidents), des tatouages ou lors de soins médicaux mal réalisés.
La transmission lors des rapports sexuels est très rare et reste limitée aux personnes qui ont des partenaires multiples et/ou sont co-infectées par un Herpes-virus ou le VIH.
En France, de nombreuses personnes ne sont pas conscientes d’appartenir à une population à risque (transfusion sanguine avant 1992, consommation de drogue…) et ne se sont donc pas fait dépistées. On estime qu’une personne concernée sur deux ignore qu’elle est infectée par le VHC ce qui pose un risque de contamination.

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