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Sécheresse vaginale : une douleur du vagin majorée lors des rapports sexuels
Sécheresse vaginale : une douleur du vagin majorée lors des rapports sexuels
Publié le 15.03.2019
Sécheresse vaginale : une douleur du vagin majorée lors des rapports sexuels
© 123RF-Rui Santos

La sécheresse vaginale concerne une majorité de femmes après la ménopause. Cette privation hormonale liée à la ménopause représente même la première cause de sécheresse vaginale, mais de nombreux médicaments peuvent aussi être impliqués. Certaines maladies auto-immunes, comme le syndrome de Gougerot-Sjögren, ne doivent pas être oubliées.

Sécheresse vaginale : CAUSES

A quoi est due la sécheresse vaginale ?

La sécheresse vaginale concerne de nombreuses femmes, en particulier après la ménopause. Mais de nombreux médicaments peuvent également être en cause (antihistaminiques, psychotropes ou antihypertenseurs), ainsi que certaines maladies auto-immunes, comme le syndrome de Gougerot-Sjögren.
• La première cause de sécheresse vaginale est la carence hormonale à partir de la ménopause (« carence estrogénique »), c’est-à-dire l’arrêt de sécrétion des hormones féminines (« estradiol »). Cette carence va réduire les sécrétions vaginales physiologiques et la lubrification au moment des rapports sexuels. Certaines femmes pensent que la ménopause ne se traduit que par des bouffées de chaleur. Il s’agit bien du premier signe de la ménopause, mais le deuxième c’est la sécheresse vaginale.
• Beaucoup de médicaments peuvent induire une sécheresse vaginale. Les plus classiques sont les traitements psychotropes utilisés dans la dépression. Les plus fréquemment impliqués sont les antidépresseurs. D’autres médicaments, comme les antihypertenseurs, vont augmenter la prolactine, qui est une hormone sécrétée par le cerveau, prolactine qui va assécher le vagin. Une autre catégorie de traitement qui va augmenter la prolactine et assécher le vagin sont les antipsychotiques utilisés dans les psychoses et certaines dépressions. Enfin, les antihistaminiques, qui sont utilisés dans les allergies et les rhumes, sont également capables d’assécher le vagin. Certains médicaments contre l’acné peuvent déclencher des sécheresses vaginales particulièrement sévères mais réversibles à l’arrêt du traitement.
• En cas de cancer hormono-dépendant et essentiellement de cancer du sein, des traitements anti-estrogéniques peuvent être utilisés afin d’empêcher l’évolution du cancer. Ces traitements vont, bien évidemment, entraîner une carence profonde en œstradiol et déclencher une sécheresse vaginale, avec des douleurs importantes, à tel point que certaines femmes peuvent se plaindre d’avoir mal au vagin rien qu’en marchant, donc même indépendamment des rapports sexuels.
• Certaines femmes sont perturbées par leur odeur intime et abusent des toilettes vaginales et vulvaires qui déséquiibrent la flore vaginale (ou "microbiote vaginal"), indispensable à une bonne défense du vagin contre les agressions extérieures. Certains des produits utilisés sont franchement irritants pour le vagin et peuvent déclencher une sécheresse vaginale dont le mécanisme est ici complètement irritatif.
• Le syndrome de Gougerot-Sjögren, ou « syndrome sec », est une maladie auto-immune qui touche prioritairement les glandes qui sécrètent la salive et les larmes (= syndrome sec oculaire et buccal), mais en réalité, il s’agit d’une « maladie systémique », c’est-à-dire qu’elle va toucher toutes les glandes du corps qui sécrètent un liquide en dehors du sang (= « glandes exocrines ») : pancréas exocrine, sécrétions digestives…et sécrétions vaginales. Plusieurs études révèlent que la sécheresse vaginale est constante chez les femmes qui souffrent de cette maladie, alors qu’elle est le plus souvent négligée par les médecins. Le problème se complique dans la mesure où, dans certains syndromes de Gougerot-Sjögren, le syndrome sec buccal et oculaire n’est pas au premier plan, mais plutôt les douleurs articulaires (« arthralgies ») ou musculaires (« myalgies »). Il faut donc savoir évoquer le problème de la sécheresse vaginale au cours de cette maladie où l’attention des médecins spécialistes est portée ailleurs et où la maladie est souvent mal connue par les généralistes et les gynécologues.
• Certaines études semblent impliquer l’anxiété ou le manque d’envie sexuelle, qui perturberait le mécanisme physiologique de sécrétions vaginales lors de l’acte sexuel, mais il s’agit plutôt d’un défaut de lubrification, sans véritable sécheresse vaginale le reste du temps.

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