C’est un arrêt spontané de la grossesse qui intervient dans les cinq premiers mois de grossesse. La fausse couche toucherait environ 15 % des grossesses, selon l’Assurance Maladie. Dans son bulletin de juillet - août, l’Institut national d’études démographiques (Ined) s’intéresse aux facteurs de risque et à la prise en charge des femmes concernées. Selon ses données, environ une femme sur cinq pourrait vivre une fausse couche au cours de sa vie.
Fausse couche : l’âge est le principal facteur de risque
Les auteurs de cette enquête constatent que l’âge est le principal facteur de risque. "La probabilité qu’une grossesse se termine par une fausse couche est relativement élevée, dépassant 10 % chez les femmes de moins de 20 ans, puis diminue avec l’âge, avant d’augmenter de nouveau à partir de 34 ans", indiquent-ils. Chez les femmes enceintes de 35 ans, environ 8 % des grossesses se terminent par une fausse couche, contre 14 % à 40 ans et 23 % à 45 ans. Ce taux augmente davantage après 45 ans. En revanche, les chercheurs de l’Ined n’ont pas observé de différences significatives lorsqu’ils ont comparé les chiffres selon le niveau de revenus ou d’études des femmes.
Prise en charge des fausses couches : des progrès à faire
Par ailleurs, les données récoltées pendant cette étude montrent que la prise en charge n’est pas toujours bien vécue par les femmes concernées par la fausse couche. "La prise en charge aux urgences gynécologiques est souvent vécue comme inadaptée par celles qui y sont accueillies, développent les auteurs. (…) Il existe un décalage entre leurs attentes ainsi que leurs besoins et les soins qui leur sont délivrés à l’hôpital." Elles citent notamment le fait d’attendre dans un lieu où se trouvent des femmes enceintes ou en travail, le manque d’informations sur les soins et leurs suites, l’absence d’orientation vers des soins psychologiques, l’absence de suivi après la fausse couche, mais aussi des paroles maladroites, voire blessantes, de la part des praticiens.
"Ces constats soulignent la nécessité de repenser les soins délivrés lors d’un arrêt précoce de grossesse, note l’Ined. Des évolutions sont déjà en cours, tant au niveau institutionnel que des pratiques cliniques." L’institut cite notamment la mise en place, depuis 2024, d’un congé sans jour de carence pour les femmes ayant vécu une fausse couche, mais constate que la mesure "reste encore peu connue des soignants et soignantes".



