- Le vapotage est associé à plusieurs risques chez les jeunes.
- Les effets respiratoires figurent parmi les plus documentés.
- Les experts demandent des mesures pour protéger les adolescents.
La cigarette électronique est en plein boom chez les adolescents et ce n’est pas sans risque. Au Royaume-Uni, une vaste revue scientifique menée par le Royal College of Paediatrics and Child Health (RCPCH) dresse un constat préoccupant : chez les jeunes de 12 à 19 ans, le vapotage est associé à plusieurs problèmes de santé, à court comme à plus long terme.
Le vapotage dégrade la santé respiratoire
Le phénomène a pris une ampleur considérable en une décennie. Selon l’Organisation mondiale de la santé (OMS), environ 100 millions de personnes vapoteraient dans le monde en 2025, dont 15 millions d’enfants âgés de 13 à 15 ans. Les couleurs, les arômes et la diversité des produits contribueraient notamment à leur attrait auprès des jeunes. Pour mesurer leurs effets, le RCPCH a passé au crible plus de 14.000 publications scientifiques.
Les résultats, publiés dans BMJ Journals, mettent d’abord en évidence une association régulière entre vapotage et dégradation de la santé respiratoire. Les jeunes qui vapotent signalent davantage de toux, de sifflements respiratoires, de symptômes évoquant une bronchite et d’exacerbations de l’asthme, selon la revue du RCPCH. Ce n’est pas tout : la cigarette électronique aurait aussi des effets sur la santé bucco-dentaire, le sommeil, les yeux ou encore les allergies.
La santé mentale est aussi en question, avec des associations observées entre vapotage, anxiété, dépression et idées suicidaires. Sans compter que, selon les études à long terme, les jeunes qui vapotent sont nettement plus susceptibles de commencer ensuite à fumer des cigarettes traditionnelles.
Mieux encadrer le marketing autour de la cigarette électronique ?
Au Royaume-Uni, le Tobacco and Vapes Act prévoit déjà plusieurs mesures destinées à limiter le vapotage chez les mineurs, notamment l’interdiction des cigarettes électroniques jetables et de futures restrictions sur les emballages, les couleurs, les arômes et leur présentation dans les commerces. Mais pour le professeur Will Carroll, coauteur de la revue, il faut aller plus loin : "Le vapotage ne doit pas être considéré comme une étape anodine de la croissance", affirme-t-il dans un communiqué. Il estime notamment nécessaire de limiter les types d’arômes proposés, et pas seulement leur appellation.
En France, la cigarette électronique s’est largement imposée dans les habitudes. Selon l'Observatoire français des drogues et des tendances addictives (OFDT), près de 57 % des jeunes de 17 ans avaient déjà testé la cigarette électronique en 2022. Plus préoccupant, 6 % déclaraient en faire un usage quotidien, un taux trois fois plus élevé qu'en 2014.


