- Les personnes souffrant d'eczéma ont plus de risque de développer un zona.
- La maladie, liée à une réactivation du virus de la varicelle, provoque des éruptions cutanées douloureuses.
- Cela pourrait être lié à une altération de la réponse immunitaire des personnes atteintes d'eczéma.
Des démangeaisons, des rougeurs et une sécheresse cutanée : les symptômes de l’eczéma peuvent être difficiles à supporter. Mais cette maladie de la peau pourrait avoir d’autres conséquences. Selon une étude, parue sur le site spécialisé JDDG: Journal der Deutschen Dermatologischen Gesellschaft, la dermatite atopique augmenterait le risque de zona.
Zona et eczéma : deux maladies cutanées aux causes distinctes
Réalisée par des chercheurs issues de différentes universités anglaises, cette recherche est basée sur l’analyse des données médicales de plus de 113.000 personnes, recueillies entre 1997 et 2023. "L'eczéma est une affection cutanée inflammatoire chronique, tandis que le zona se manifeste par une éruption cutanée douloureuse lorsque le virus responsable de la varicelle se réactive dans le système nerveux, en particulier plus tard dans la vie ou chez les personnes immunodéprimées", rappellent-ils.
Les scientifiques ont constaté que les individus atteints d'eczéma présentaient un risque de zona supérieur de 28 %. Le chiffre a été obtenu après avoir pris en compte d’autres facteurs comme l’âge, la présence de comorbidités, le tabagisme ou la consommation d’alcool. Les chercheurs ont remarqué que les médicaments immunosuppresseurs, parfois indiqué dans la prise en charge de l’eczéma, avaient un impact minime sur le risque de zona. En revanche, le risque d’en souffrir augmentait avec la gravité de l’eczéma. "Nous avons observé une modification de l'effet liée à l'âge, l'impact de la dermatite atopique sur le risque de zona étant plus marqué dans les groupes d'âge plus jeunes, en particulier chez les personnes de moins de 50 ans", complètent les auteurs.
Comment expliquer le lien entre zona et eczéma ?
Si cette étude est observationnelle, et ne permet pas d’établir de relation de cause à effet entre le zona et l’eczéma, les scientifiques britanniques émettent une hypothèse pour expliquer leurs résultats. "Une altération de la réponse immunitaire cutanée chez les personnes atteintes d'eczéma pourrait les exposer à un risque de développer un zona", supposent-ils. Ces spécialistes estiment que ces travaux pourraient avoir un impact sur les recommandations en matière de vaccination.
En France, le vaccin est conseillé pour les personnes de 65 ans et plus, notamment celles ayant déjà présenté un épisode de zona, et chez les adultes de plus de 18 ans, immunodéprimés. En conclusion de leur étude, les chercheurs recommandent de mener des études complémentaires pour comprendre les "mécanismes biologiques sous-jacents" permettant d'expliquer le lien entre zona et eczéma.



