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Vieillissement

Moins de sucre durant l’enfance, moins de cancers à l’âge adulte ?

Une étude suggère qu’une faible consommation de sucre durant les 1.000 premiers jours de vie pourrait réduire le risque de développer plusieurs cancers à l’âge adulte, et même ralentir le vieillissement biologique.

Moins de sucre durant l’enfance, moins de cancers à l’âge adulte ? Rolart Studio / istock




L'ESSENTIEL
  • Une étude associe la faible consommation de sucre durant les 1.000 premiers jours de vie à un risque plus faible de cinq cancers à l’âge adulte.
  • Les participants concernés avaient aussi des habitudes alimentaires plus favorables et des marqueurs associés à un vieillissement biologique plus lent.
  • Ces résultats suggèrent une influence possible de la nutrition précoce, sans toutefois prouver un lien causal direct.

Quelques grammes en moins pour prévenir les maladies ? Consommer très peu de sucre pendant les trois premières années de la vie serait associé à un risque plus faible de développer certains cancers et à un vieillissement biologique plus lent. C’est la conclusion d’une analyse portant sur près de 65.000 participants issus de la UK Biobank, nés entre 1951 et 1956, et publiée dans la revue PNAS.

Des habitudes qui pourraient durer toute une vie

Pour arriver à ce constat, les chercheurs se sont appuyés sur un événement historique : au Royaume-Uni, le rationnement alimentaire a brutalement pris fin en septembre 1953. Cette situation leur a permis de comparer des personnes ayant connu des niveaux différents de restriction du sucre pendant une période clé du développement précoce. Or, selon les données de la UK Biobank, plus la durée d’exposition au rationnement durant les 1.000 premiers jours était importante, plus l’incidence de certains cancers à l’âge adulte était faible. Parmi eux, les cancers du foie, de la prostate, du poumon, du rectum ou encore du sein.

Comment expliquer une association observée près de sept décennies après le début de l’exposition ? Les chercheurs avancent d’abord une piste comportementale : les participants ayant connu le rationnement consommaient encore moins de sucre et de plus petites quantités d’aliments environ 50 ans plus tard, et leur alimentation était aussi plus diversifiée. Autrement dit, les habitudes apprises très tôt pourraient continuer à influencer les choix alimentaires à l’âge adulte.

Une autre piste concerne directement l’organisme : les personnes exposées au rationnement présentaient des télomères leucocytaires plus longs. Ces structures situées à l’extrémité des chromosomes sont notamment utilisées comme marqueur du vieillissement biologique. Cette différence correspondrait, selon un communiqué des chercheurs, à environ 2,2 années de vieillissement biologique en moins.

Le sucre, un risque dès les premières années ?

Le sucre consommé en excès est déjà étudié pour ses liens possibles avec la résistance à l’insuline, l'inflammation chronique et certaines modifications du métabolisme. L’intérêt de cette nouvelle analyse est donc de déplacer la question : les conséquences d’une alimentation riche en sucre pourraient-elles commencer bien avant l’apparition des facteurs de risque habituels ?

Mais pas question pour autant d’en déduire qu’il suffit de supprimer le sucre pour prévenir les cancers. D’autres facteurs interviennent, notamment la génétique, l’activité physique, le poids, le tabac, l’alcool et l’alimentation globale. Ces résultats invitent surtout à considérer les premières années de vie comme une période essentielle pour se construire une bonne santé.

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