- L’upadacitinib, un inhibiteur de JAK déjà utilisé contre la polyarthrite rhumatoïde, a été testé contre l’alopécie areata, une maladie auto-immune qui provoque des chutes de cheveux.
- Sur 1.399 patients souffrant d’une forme sévère, près de 50 % sous 15 mg et plus de 54 % sous 30 mg avaient retrouvé au moins 80 % de couverture du cuir chevelu après 24 semaines, contre seulement environ 2 % avec le placebo.
- Les premiers bénéfices du médicament, qui a été bien toléré, sont apparus vers la 8ème semaine de traitement.
Caractérisée par une perte de cheveux sans cicatrisation, l’alopécie areata est une maladie chronique à médiation immunitaire. "De nombreux patients ne constatent aucune amélioration avec les options thérapeutiques disponibles et seul le ritlecitinib est approuvé pour les adolescents. Il subsiste donc un besoin manifeste de thérapies systémiques supplémentaires et améliorées", a indiqué une équipe internationale de chercheurs. Ainsi, dans une nouvelle étude, les scientifiques ont voulu évaluer l’efficacité et la sécurité de l'upadacitinib, un inhibiteur sélectif de la Janus kinase administré par voie orale, prescrit pour traiter la polyarthrite rhumatoïde. La raison ? Ce médicament module le système immunitaire.
Alopécie : une repousse capillaire importante chez les patients prenant de l'upadacitinib
Pour déterminer les effets de ce traitement, les auteurs ont soumis l'upadacitinib à deux essais de phase III. L'essai UP-AA1 a mobilisé 112 centres cliniques répartis dans 25 pays, tandis que l'essai UP-AA2 a été encore plus vaste, couvrant 125 centres dans 28 pays d'Asie, d'Europe, d'Amérique du Nord, d'Amérique du Sud et d'Amérique centrale. Au total, 1.399 patients souffrant d’alopécie sévère, dont des adolescents âgés de 12 à 17 ans et des adultes jusqu'à 64 ans, ont été recrutés. Plus précisément, seules les personnes qui avaient déjà perdu au moins 50 % de leurs cheveux ont été incluses. Durant 24 semaines, les participants ont reçu soit une dose de 15 mg ou 30 mg d’upadacitinib une fois par jour, soit un placebo. Par la suite, les chercheurs ont évalué combien de volontaires avaient retrouvé suffisamment de cheveux pour couvrir au moins 80 % de leur cuir chevelu.
Selon les résultats, publiés dans la revue JAMA Dermatology, près de la moitié des personnes ayant reçu une dose de 15 mg d'upadacitinib ont atteint le seuil de 80 % de couverture en 24 semaines. Avec une dose de 30 mg, ce chiffre a dépassé les 54 %. En revanche, parmi les personnes ayant reçu un placebo, seules 2 % environ ont constaté une repousse capillaire importante. Autre constat : la repousse ne s'est pas limitée au cuir chevelu. Les volontaires traités par upadacitinib ont aussi observé une amélioration de la pilosité au niveau des sourcils et des cils et ont fait état d'un meilleur bien-être émotionnel et social. "Ces améliorations sont apparues dès la huitième semaine de l'essai chez les patients traités par l'une ou l'autre des doses d'upadacitinib."
Les effets indésirables graves sont restés très rares
Côté tolérance, "aucun nouvel effet secondaire n'a été identifié" chez les adultes et les adolescents ayant pris les deux doses. Les effets indésirables les plus fréquemment signalés comprenaient l'acné, le rhume, l'irritation de la gorge et les infections des voies respiratoires supérieures. Dans les deux essais, des effets indésirables graves apparus sous traitement sont survenus chez neuf, treize et un patient recevant respectivement 15 mg d’upadacitinib, 30 mg d’upadacitinib ou un placebo. Face à ces données, l’équipe estime que ce médicament contre la polyarthrite rhumatoïde pourrait constituer une option thérapeutique potentiellement efficace pour les personnes touchées par l’alopécie.


