Il n’y a pas de lien entre le paracétamol et le risque d’autisme. Des chercheurs de la faculté de médecine de l'Université du Colorado l’expliquent dans une étude. Face à la multiplication des rumeurs sur les réseaux sociaux, établissant un lien entre le principe actif et le risque d’autisme chez l’enfant, ils rappellent le principal risque lié à ce médicament : le surdosage.
Paracétamol : des intoxications nombreuses aux États-Unis
"Le paracétamol, présent dans le Tylenol et de nombreux médicaments contre le rhume et la grippe, est l'une des principales causes de consultations aux urgences, d'hospitalisations et d'insuffisance hépatique aiguë aux États-Unis", alertent-ils dans un communiqué. Selon eux, environ 56.000 personnes se rendent aux urgences chaque année à cause d’une intoxication à l'acétaminophène, le principe actif du médicament, et environ 2.600 sont hospitalisées. "Ce médicament est responsable de près de la moitié des cas d'insuffisance hépatique aiguë aux États-Unis et d'environ 20 % des transplantations hépatiques à l'échelle nationale”, précisent-ils.
Le Dr Kennon Heard, professeur au département de médecine d'urgence Anschutz de l'Université du Colorado et chef du service de toxicologie médicale de ce même département, souligne que le médicament est tout à fait sûr lorsqu’il est pris conformément aux recommandations. "Il arrive que des personnes prennent accidentellement trop de paracétamol, explique-t-il. Ou bien elles ont un mal de dents terrible et pensent que si deux comprimés suffisent, quatre c'est mieux, huit c'est encore mieux, et ainsi de suite. Ou encore, il s'agit de personnes qui font des surdoses répétées. Ce sont ces personnes-là qui ont des problèmes."
Surdosage de paracétamol : un antidote pour réduire le risque de lésions hépatiques graves
Avec son équipe, il travaille sur la mise au point d’un antidote pour prévenir les lésions hépatiques sévères en cas de surdosage de paracétamol. Aujourd’hui, les médecins utilisent l'acétylcystéine dans ces situations, mais son efficacité est réduite lorsqu’elle est administrée plus de huit heures après le surdosage. Leur essai clinique porte sur un autre médicament : le fomépizole, prescrit pour traiter les intoxications à l'éthylène glycol et au méthanol. Il vise à déterminer si l'ajout de fomépizole au traitement standard par acétylcystéine peut réduire les lésions hépatiques chez les patients à haut risque après un surdosage de paracétamol. "Il s'agit d'une étude de validation de principe visant à déterminer si l'association de ces médicaments est suffisamment prometteuse pour justifier des essais cliniques de plus grande envergure", indiquent les chercheurs.
Paracétamol : une mise en garde face au risque de surdosage
Dans l’attente de ces premiers résultats, le Dr Heard souhaite mettre en garde sur le mauvais usage des médicaments à base de paracétamol. "Le message que je souhaite faire passer est qu'il faut lire attentivement les étiquettes des médicaments, éviter de dépasser les doses recommandées et savoir que le paracétamol peut être présent dans de nombreux produits à la maison", prévient-il.


