Le cancer est lié à l’âge. Avec les années, le risque d’en souffrir augmente, notamment à cause du vieillissement des cellules. "Plus nous vieillissons et plus nous avons de risque de voir une cellule saine devenir anormale et conduire à la formation d’une tumeur", développe la Fondation pour la recherche sur le cancer. Mais comment expliquer alors l’apparition de cancers précoces ? Selon une étude, parue dans Nature Medicine, ils pourraient être liés au vieillissement accéléré des jeunes générations.
Risque de cancer : une accélération du vieillissement biologique chez les jeunes générations
"Plus l'écart entre l'âge biologique – c'est-à-dire l'âge apparent de notre corps – et l'âge chronologique – soit le nombre d'années vécues – est important, plus le risque de cancer est élevé, expliquent les chercheurs de l'Université Washington à Saint-Louis. (…) Les personnes nées plus récemment présentaient des écarts d'âge plus importants que celles des générations précédentes, ce qui pourrait expliquer l'augmentation des cancers précoces observée chez les plus jeunes."
Ce constat a été réalisé grâce à l’analyse des données de plus de 154.000 jeunes adultes. Les scientifiques se sont intéressés au vieillissement systémique, c’est-à-dire celui qui concerne l’organisme dans son ensemble et au vieillissement spécifique à chaque organe. Ils ont constaté que les personnes nées entre 1965 et 1974 présentaient un vieillissement systémique supérieur de 23 % à celui des personnes nées entre 1950 et 1954, une fois l'âge chronologique pris en compte. Chez les participants nés entre 1990 et 1999, la même observation a été réalisée : leur vieillissement systémique était supérieur de 92 % à celui des personnes nées entre 1965 et 1969.
Cancer précoce : comprendre les raisons de son apparition
"Ce vieillissement systémique accru chez les plus jeunes était associé à une augmentation de 8 % du risque de cancers à apparition précoce, notamment les cancers du poumon, du tractus gastro-intestinal et de l’utérus", alertent les auteurs. Selon leurs travaux, ces conclusions demeuraient même après la prise en compte des risques génétiques héréditaires de cancer. L’analyse du vieillissement des organes a permis de déterminer qu’un vieillissement avancé du système immunitaire était associé à un risque accru de cancer du poumon précoce. Le vieillissement avancé du tissu adipeux, soit la graisse, était lié à une hausse du risque de cancer colorectal à apparition précoce.
Pour ces chercheurs, les résultats de cette étude, et les travaux qu’ils comptent mener à l’avenir, permettront de mieux comprendre les raisons pour lesquelles des cancers touchent de plus en plus les jeunes générations. "Si nous parvenons à identifier les personnes jeunes présentant le risque de cancer le plus élevé alors qu'elles sont encore en bonne santé, nous pourrons concentrer nos efforts sur des stratégies de prévention et de dépistage précoce auprès des individus susceptibles de tirer le meilleur parti d'interventions précoces", conclut Yin Cao, épidémiologiste moléculaire et professeur à WashU Medicine.


