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QUESTION D'ACTU

Témoignage patient

Allergies alimentaires : «Ne jamais oublier la notion de plaisir !»

Depuis près de 24 ans, Maxime souffre de multiples allergies, notamment alimentaires. À l’occasion de la semaine mondiale de l’allergie, qui se tient du 21 au 27 juin 2026, sa mère, Marie, explique comment son fils conserve une alimentation diversifiée, malgré les contraintes.

Allergies alimentaires : \ stefanamer/iStock




L'ESSENTIEL
  • À l’âge de six mois, Maxime reçoit un diagnostic d’allergies alimentaires, qui se sont, par la suite, accompagnées d’asthme d’effort, d’eczéma de contact, de kératoconjonctivite hivernale et d’allergies respiratoires.
  • Ces troubles, nécessitant une injection intramusculaire d'adrénaline, une ventoline et des corticoïdes, l’ont obligé à manger chez lui jusqu’à son arrivée au lycée.
  • Malgré les contraintes, le jeune patient "mange de tout" et "apprend à varier ses plats."

"Quand Maxime était bébé, nous avons rapidement remarqué que quelque chose n’allait pas. Depuis sa naissance, il prenait du lait hypoallergénique, utilisé à l’époque pour réduire les risques de sensibilisation allergique. Au fil des mois, il vomissait après chaque biberon, présentait de l’eczéma sur le visage, se grattait régulièrement, dormait mal à cause des coliques. Ses yeux gonflaient de plus en plus. Face à ses multiples symptômes, on a consulté notre médecin traitant qui nous a trouvé en urgence un rendez-vous chez un allergologue, car il pensait que notre fils était allergique au soja", confie Marie, mère de famille âgée de 55 ans. Lors de la consultation, le spécialiste a réalisé un bilan allergologique, comprenant un interrogatoire médical détaillé, des tests cutanés (prick-tests) et une prise de sang.

Son fils est diagnostiqué poly-allergique dès ses premières années de vie

"À l’âge de six mois, notre enfant a été diagnostiqué allergique alimentaire. Il réagissait au contact des 13 allergènes à déclaration obligatoire." Dans la liste, on retrouve les céréales contenant du gluten (blé, seigle, orge, avoine, épeautre, kamut), les fruits à coques (amandes, noisettes, noix, noix de cajou, pécan, macadamia, du Brésil, du Queensland, pistaches), les crustacés, le céleri, les œufs, la moutarde, le soja, le lait, l’anhydride sulfureux et sulfites en concentrations de plus de 10mg/kg ou 10mg/l (dans le vin, la bière, les fruits secs…), les graines de sésame, le lupin (une plante de la famille des légumineuses), les arachides et les mollusques. "Il ne réagissait pas uniquement qu’en cas d’ingestion. Lorsqu’il sentait des œufs et des cacahuètes, il gonflait et ses joues devenaient rouges. Pour éviter cela, on mangeait toujours dehors, dans les fast food par exemple. En revanche, il n’a jamais manifesté d’allergie au poisson."

En parallèle, le jeune patient est devenu allergique au pollen. Dans ce cas, on parle d’allergie croisée, ce qui correspond à une situation où le système immunitaire réagit à une substance, car elle ressemble à une autre à laquelle la personne est déjà allergique. Mais ce n’est pas tout : "Maxime a aussi développé une kératoconjonctivite vernale, traitée actuellement par des gouttes oculaires contenant des molécules identiques à celles utilisées pour éviter le rejet de greffe (cyclosporine). Il a également manifesté un asthme de l’effort, qui n’est, à ce jour, pas soigné, et présente de temps en temps de l’eczéma." Jusqu’à aujourd’hui, le vingtenaire, qui n’a bénéficié d’aucun effet de la désensibilisation, développe encore des allergies, notamment respiratoires. "Récemment, c’est celle au chat."

Allergies alimentaires : "Aucun test génétique n’a été réalisé"

Bien que les causes de ses multiples allergies ne soient pas clairement identifiées, Marie, blogueuse culinaire de "Allergique gourmand", évoque une composante génétique. "Aucun test génétique n’a été réalisé. En revanche, plusieurs membres de notre famille présentent des maladies chroniques, comme l’asthme et la BPCO. J’ai souffert d’asthme, qui est désormais soigné, et développé une allergie au pollen. Mon mari, provenant de La Réunion, est devenu de plus en plus sensible au bouleau, qui n’existe pas sur l’île, une fois arrivé en France hexagonale." En outre, leur premier enfant, Élodie, aujourd’hui âgée de 33 ans, est devenue, à l’âge de 25 ans, sensible à plusieurs aliments. "Elle présente une allergie à la poire, au lait de vache, aux noisettes et aux graines de chia, mais également à plusieurs pollens et au formaldéhyde. De plus, elle a développé de l’asthme, qui est bien contrôlé, et une allergie respiratoire. Notre deuxième fille, Mélanie, n’a jamais fait état de ces troubles. Son corps ne semble pas tolérer l’avocat, car elle vomit après en avoir mangé. Cependant, aucun examen n’a été effectué pour confirmer qu’il s’agit d’une allergie alimentaire."

Pas de cantine scolaire

Lorsque Maxime a fait son entrée à la maternelle, ses parents ont établi un projet d’accueil personnalisé (PAI) avec l’établissement scolaire. Cette convention écrite, à partir des données transmises par le médecin de l’enfant, indique le régime alimentaire à appliquer si nécessaire, les aménagements d'horaires, les dispenses d’activités incompatibles avec la santé de l'enfant et les activités de substitution proposées, ainsi que l’utilisation des médicaments et les gestes en cas d’urgence. "Nous avons fourni une trousse avec tous les traitements de Maxime : une injection intramusculaire d'adrénaline, une ventoline et des corticoïdes. En revanche, il a dû rentrer et manger à la maison le midi en raison de ses multiples allergies alimentaires. On a constaté une réelle prise de conscience des acteurs à l’école. Tous les élèves étaient au courant de ses allergies. Les autres parents étaient très prudents: on m’appelait toujours avant les anniversaires pour me dire de prévoir un goûter pour mon fils", qui a commencé à ramener ses propres plats au lycée. "Tout le monde a toujours été bienveillant. En 6ème, il y a malheureusement eu quelques moqueries du type : 'Je vais te toucher donc je vais devenir comme toi', mais cela n’a pas duré longtemps, car on a rapidement agi."

Malgré ses allergies alimentaires, "il mange de tout"

En ce qui concerne les sorties de son fils, l’habitante de Gironde confie qu’elles sont limitées en raison de ses allergies alimentaires. "Il ne mange pas au restaurant. En primaire et au collège, il ne participait pas aux sorties scolaires avec nuitée. En revanche, on tient à ce qu’il aille aux stages de sport, car il adore cela. On s’adapte et on loue toujours un logement disposant d’une cuisine où on peut préparer les repas. Pour les voyages, c’est pareil. Je cuisine ou il le fait. C’est un gourmand, il mange de tout, c’est important ! Malgré les contraintes, il ne faut jamais oublier la notion de plaisir. Maxime apprend, tout comme moi, à varier ses plats sur le tas. Et aujourd’hui, le choix de produits, notamment de farines par exemple, est plus large. C’est donc plus simple pour cuisiner. Ce n’était pas le cas quand il était petit", explique la mère du jeune patient, toujours suivi par un allergologue, un pneumologue et un ophtalmologue.

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