- Le ventilateur aide à supporter la chaleur nocturne.
- Mais mal utilisé, il peut assécher les muqueuses et diffuser allergènes et poussières.
- Quelques précautions s’imposent : le placer à distance, l'orienter vers la pièce plutôt que vers le corps, maintenir une bonne hydratation...
Quand le thermomètre grimpe, difficile de résister à l'envie de laisser tourner un ventilateur toute la nuit. Pourtant, si cela aide à supporter les fortes chaleurs, son utilisation nocturne n'est pas toujours sans conséquence. Assèchement des muqueuses, allergènes en suspension ou encore perturbation de la régulation thermique : plusieurs spécialistes invitent à l'utiliser avec quelques précautions.
Un air plus frais, mais aussi plus sec
Le principal avantage du ventilateur est de favoriser l'évaporation de la sueur, ce qui procure une sensation immédiate de fraîcheur. Mais cet effet a un revers. Comme l'explique Marie-Françoise Vecchierini, médecin du sommeil à l'Hôtel-Dieu de Paris, dans Madame Figaro, "cet air très sec a aussi tendance à déshydrater les voies aériennes supérieures, la peau et les yeux". Même constat du côté du Dr Michael Rochoy, cité par 20 Minutes : "Le ventilateur assèche les muqueuses qui vont donc moins jouer leur rôle d'évacuation des microbes." Résultat : gorge irritée, nez qui coule ou sensation d'inconfort au réveil. Le médecin précise qu'"un nez sec va réagir et produire davantage de mucus", ce qui peut favoriser maux de tête et nez bouché.
Poussières et allergènes : un cocktail parfois irritant
Le ventilateur pourrait surtout être délétère pour les personnes souffrant d’allergies. En effet, en brassant l'air, le ventilateur ne déplace pas seulement la fraîcheur, il remet aussi en circulation les poussières, pollens, acariens et autres particules présentes dans la chambre. L'allergologue Farid Marmouz expliquait à Madame Figaro que l'appareil "brasse du même coup la poussière de la pièce, un mélange de polluants irritants [...] et d'allergènes". Chez les personnes sensibles, ces particules peuvent provoquer rhinite, conjonctivite, irritation de la peau ou crises d'asthme. Le spécialiste ajoute que "ces polluants vont rentrer dans les muqueuses nasales et orales ou se déposer sur la peau". Pour limiter ce risque, les experts recommandent de nettoyer régulièrement le ventilateur et d'éviter de l'orienter directement vers le visage.
Attention à l'excès de fraîcheur
Dormir nu avec un ventilateur à pleine puissance peut également poser problème. Selon Sylvie Royant-Parola, présidente du Réseau Morphée citée par Madame Figaro, les frissons nocturnes indiquent que "la température corporelle n'est pas régulée correctement". Elle avertit qu'une exposition directe et prolongée à l'air frais peut favoriser l'apparition d'un rhume.
Les spécialistes ne déconseillent toutefois pas le ventilateur, bien au contraire. "Tous les moyens sont bons pour se sentir confortable", rappelle le Dr Nils Morel auprès de 20 Minutes. La clé est de l'utiliser intelligemment : le placer à distance, l'orienter vers la pièce plutôt que vers le corps, maintenir une bonne hydratation et, si besoin, humidifier légèrement l'air. Le ministère de la Santé recommande également d'associer ventilateur et brumisation pour améliorer le confort lors des vagues de chaleur.


