- Des chercheurs du MIT développent un petit capteur ingérable qui peut mesurer la température de l'intérieur du corps.
- La température corporelle interne est plus précise que celle prise au niveau du front ou de la bouche.
- Ce nouveau capteur pourrait entre autres faciliter le suivi des infections, de la fertilité, des personnes anesthésiées ou de la fièvre des enfants.
Que vous soyez à l'hôpital, chez le médecin ou chez vous, la température est le plus souvent prise par un thermomètre buccal ou frontal. Mais pour avoir une mesure encore plus précise, les chercheurs du Massachusetts Institute of Technology (MIT) proposent de la prendre directement à l’intérieur du corps grâce à un capteur à ingérer.
Selon leur article, cet appareil, qui mesure la température interne, permettrait de mieux surveiller les infections et d’assurer un suivi plus précis de la fertilité ou des personnes anesthésiées.
Un capteur de température interne pas plus gros qu’une myrtille
Si des capteurs ingérables de température existent déjà, ce nouveau dispositif a un atout : il est particulièrement petit. Avec ses 6 millimètres de diamètre et 4 millimètres de hauteur, l’appareil, présenté dans Nature Electronics paru le 15 juin 2026, n’est pas plus gros qu’une myrtille. Ce qui le rend plus facile à avaler et réduit les risques d’obstructions du tube digestif.
Pour atteindre ces dimensions très fines, les chercheurs ont réduit la taille des principaux composants : le circuit de détection de température, l'antenne qui transmet les données de température et la batterie.
Le circuit de l’appareil tient ainsi sur une puce de silicium d'un millimètre carré. Il est capable de détecter la température avec une précision de 0,01 degré Celsius. Il consomme très peu d'énergie, environ 10 nanowatts. Ce qui lui permet d’être alimenté seulement par une pile bouton de 1,55 volt.
Grâce à sa minuscule antenne, il est capable de transmettre la mesure de la température interne provenant du tube digestif toutes les secondes. Ces données très fréquentes permettent une surveillance continue de la température.
Mini thermomètre ingérable : pour quels types de patients ?
"Un capteur comme celui-ci nous permet de surveiller les infections et de les identifier précocement", explique un de ses concepteurs Giovanni Traverso dans un communiqué. "C'est particulièrement important pour les populations à risque, comme les personnes immunodéprimées par des traitements de chimiothérapie ou des médicaments immunosuppresseurs."
Il pourrait aussi faciliter le suivi des personnes anesthésiées. En effet, l'anesthésie perturbe souvent les mécanismes normaux de thermorégulation de l'organisme, ce qui peut exposer les patients à un risque d'hypothermie. Les chercheurs voient d’autres applications possibles, cette fois-ci à domicile comme la surveillance de la fièvre chez les enfants ou encore le suivi de la fertilité (la température interne est un indicateur d’ovulation). Il pourrait aussi s'avérer utile pour le suivi des athlètes, des militaires ou de toute personne exposée à des températures extrêmes.
Pour vérifier le bon fonctionnement de son invention, l’équipe du MIT a testé le capteur sur des animaux anesthésiés. Elle a constaté que l’appareil pouvait détecter et transmettre avec précision des informations sur la température. Les chercheurs ont également obtenu des mesures précises sur des bêtes éveillées et en mouvement.
"Je pense que cela pourrait remplacer tous les thermomètres, car c'est la méthode la plus précise pour prendre la température”, explique-t-il. “Si nous disposons de systèmes miniatures faciles à avaler et fournissant des données très précises, supérieures aux données actuelles, je pense que cela pourrait être utile à bien des égards."
Les chercheurs planchent également sur la possibilité de combiner le capteur de température avec d’autres dispositifs miniatures de mesure comme la fréquence cardiaque.



