- Les chercheurs ont développé un capteur portable qui pourrait surveiller en permanence les personnes ayant des problèmes cardiaques et respiratoires.
- Il enregistre les vibrations produites par le cœur, les poumons et le flux sanguin et les ondes de pouls.
- L'équipe voudrait le coupler avec une IA pour que l'appareil repère l'aggravation de la maladie.
Entre les déserts médicaux et les plannings des consultations ultra-chargés, il n’est pas toujours simple d’avoir accès à un médecin. Et lorsque le patient parvient à en rencontrer un, le rendez-vous dépasse très rarement les 30 min. Ces difficultés d’accès au soin peuvent complexifier la détection de troubles cardiaques ou respiratoires. Pour régler ce problème, les chercheurs de l’université de Nouvelle-Galles du Sud (Sydney, Australie) ont mis au point un capteur portable capable de surveiller en continu les personnes présentant des maladies cardio-respiratoires à domicile.
Il a été présenté ce patch dans la revue Nature Communications, le 5 juin 2026.
Le capteur écoute les vibrations du cœur
Ce nouveau dispositif médical, appelé "AusculPatch", se fixe sur la poitrine ou sur les artères périphériques (cou, poignet) à l'aide d'un ruban adhésif médical. Il est capable de capter en continu les vibrations subtiles produites par le cœur, les poumons, le flux sanguin et les ondes de pouls. "Le son du cœur se propage à travers les fluides corporels et les tissus, générant une pression acoustique qui fait vibrer l'élément de détection", explique Tran Bach Dang, premier auteur, dans un communiqué.
Autre atout de l’appareil : son petit gabarit. Il ne pèse que 3,2 grammes et mesure environ 20 x 47 x 3 millimètres, il est ainsi plus petit et plus léger que la plupart des systèmes de surveillance portables existants, assurent ses concepteurs.
Au cours des premiers essais, l’AusculPatch a été testé sur un petit nombre de participants en bonne santé. Ces derniers menaient leur activité quotidienne standard : ils marchaient, travaillaient, mangeaient, montaient des escaliers…
Les résultats mettent en avant que l’appareil parvient à enregistrer "des sons cardiaques clairs, même dans des environnements bruyants, y compris pendant une conversation et dans des conditions de bruit de fond". De plus, il a montré une forte concordance avec les outils cliniques, notamment les électrocardiogrammes (ECG), les échographies, les tensiomètres et les stéthoscopes numériques.
Avec l’IA, l’outil pourrait détecter l'aggravation des cas ou même contrôler des bras robotiques
Ces premiers résultats concernant l’enregistrement des données cardiorespiratoires des malades sont encourageants. Mais l’équipe voit plus long. Elle voudrait y intégrer de l’intelligence artificielle. Les chercheurs avancent que les systèmes d'apprentissage automatique pourraient à terme identifier des schémas liés à l'aggravation de la maladie ou à l'apparition de problèmes de santé.
"Nous pouvons potentiellement appliquer l'apprentissage automatique pour identifier les signaux anormaux et avertir les patients, ainsi que leur médecin", explique le Dr Chi Cong Nguyen, auteur correspondant de l'article. "L’objectif est de créer un système capable de signaler automatiquement les changements préoccupants avant que les patients ne présentent des symptômes graves."
Les scientifiques pensent également que leur capteur pourrait être utilisé dans d’autres domaines de la santé. Ils ont déjà examiné la possibilité que le patch puisse détecter les vibrations des cordes vocales au niveau de la gorge. Dans le cadre d'essais de validation de principe, ils ont ainsi couplé leur invention à une IA afin qu’elle reconnaisse les mots prononcés et contrôle un bras robotisé. "Bien que ces expériences soient encore à un stade préliminaire, les chercheurs affirment que cette technologie pourrait à terme aider les personnes souffrant de troubles de la parole ou de handicaps physiques", ajoute le communiqué.
Toutefois, l’objectif principal de l’équipe reste la validation de leur capteur portable comme outil de suivi de la santé cardiovasculaire à domicile. Elle va ainsi le tester sur environ 200 patients cette année et espère atteindre les 1.000 volontaires par la suite.


