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Quarantaine

Hantavirus : fin de l’isolement pour les passagers français du MV Hondius

Après 42 jours d'isolement à l'hôpital Bichat à Paris, les derniers passagers français du MV Hondius ont retrouvé la liberté. Cette quarantaine exceptionnelle faisait suite à une épidémie d'hantavirus des Andes, une souche rare capable de se transmettre entre humains.

Hantavirus : fin de l’isolement pour les passagers français du MV Hondius Pavel1964 / istock




L'ESSENTIEL
  • Treize cas d'hantavirus ont été recensés sur le MV Hondius.
  • Quatre Français ont passé 42 jours en quarantaine à l'hôpital Bichat.
  • Les autorités estiment désormais que l'épisode touche à sa fin.

Après six semaines coupés du monde, ils peuvent enfin retrouver une vie normale. Les quatre derniers passagers français du navire de croisière MV Hondius sont sortis d'isolement le dimanche 21 juin, mettant fin à une quarantaine exceptionnelle mise en place après une épidémie d'hantavirus à bord. Un épisode rare qui a mobilisé d'importants moyens sanitaires et relancé les interrogations sur les maladies transmises de l'animal à l'être humain.

Une épidémie rarissime en pleine croisière

L'affaire débute au printemps lors d'une expédition dans le sud de l'Atlantique. A bord du MV Hondius, plusieurs passagers développent une infection liée à un hantavirus, un virus transmis habituellement par les rongeurs. Au total, 13 cas sont recensés et trois personnes décèdent. L'inquiétude des autorités sanitaires tient à une particularité de la souche impliquée. Il s'agit du hantavirus des Andes, la seule souche de hantavirus connue pour pouvoir se transmettre d'un être humain à l'autre. Contrairement aux autres hantavirus, généralement contractés au contact d'animaux infectés, celui-ci présente donc un risque supplémentaire de propagation.

"On pourra considérer que l'épisode est probablement terminé" si aucun nouveau cas n'apparaît après la période de surveillance, a affirmé la virologue Nicole Tischler, présidente de la Société internationale de l'hantavirus, auprès de l’AFP.

Une quarantaine sous haute surveillance à l'hôpital Bichat

Rapatriés en France le 10 mai, cinq passagers français ont été admis à l'hôpital Bichat, à Paris. Quatre d'entre eux étaient considérés comme cas contacts et ont été placés dans des chambres à pression négative afin d'éviter toute diffusion du virus. Les mesures étaient particulièrement strictes : examens réguliers, tests PCR répétés et déplacements limités. Deux passagers avaient même dénoncé auprès du Parisien des conditions "assez carcéral[es]". Leur demande de poursuivre l'isolement à domicile a été rejetée au nom du principe de précaution.

Pour Xavier Lescure, infectiologue à l'hôpital Bichat, l'enjeu était double : "On a beaucoup travaillé sur l'isolement des patients et la protection des soignants". Il souligne que la prise en charge a nécessité des moyens importants, notamment parce qu'"il faut dupliquer une équipe" pour garantir la sécurité du personnel.

Parmi les cinq Français hospitalisés, une passagère contaminée reste en réanimation, mais elle "va mieux", selon le directeur général de la Santé, Didier Lepelletier.

De plus en plus de risques liés aux zoonoses

Selon l'Organisation mondiale de la santé (OMS), citée par son directeur Tedros Adhanom Ghebreyesus, presque tous les passagers et membres d'équipage du MV Hondius étaient désormais autorisés à rentrer chez eux.

Finalement, les spécialistes estiment que la transmission entre humains est restée limitée. Lors d’un point presse, Xavier Lescure a rappelé que les conditions à bord du navire étaient "vraiment un accélérateur de particules virales", tout en y voyant la preuve que "la transmission est faible".

L'épisode souligne néanmoins l'importance croissante des zoonoses, ces maladies qui passent de l'animal à l'Homme. Comme l'a rappelé Didier Lepelletier, ce type d'événement illustre des risques sanitaires déjà observés avec le Covid-19, le mpox ou certaines maladies transmises par les moustiques.

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